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Geneviève Barrette : Collège Ahuntsic
La question de savoir si la position de Gilles de Rome sur la distinction entre l’être et l’essence s’identifie à celle de Thomas d’Aquin divise les chercheur.ses. Par ailleurs, König-Pralong (2006), dans son ouvrage sur la controverse sur la distinction entre l’être et l’essence qui eut cours à l’Université de Paris dans les années 1270 et 1280, suggère que la position de Godefroid de Fontaines sur la relation entre l’être et l’essence ne serait pas antithomiste.
Dans cette communication, je montrerai que l'objection principale que Godefroid soulève contre la distinction entre l’être et l’essence défendue par Gilles atteint aussi la position de Thomas. Je défendrai que ce constat milite dans le sens de la convergence des positions de Gilles et de Thomas et de l’incompatibilité de leur position et de celle de Godefroid.
Godefroid affirme qu’il n’y a pas d’intermédiaire entre le non-être et l’être en acte: l’être et l’essence d’une créature sont, selon lui, soit en puissance, soit en acte. Ce « principe d’uniformité modale », comme je l’appellerai, constitue une objection à l’argument de l’essence intelligée, un argument mis de l’avant par Thomas et Gilles dans leurs discussions sur la distinction entre l’être et l’essence. Par ailleurs, l’éclairage qu’apporte le principe d’uniformité modale sur certains présupposés de Thomas et de Gilles permet de voir que les deux maîtres échouent à éviter l’accidentalité de l’être qu’ils critiquent dans la position d’Avicenne.
Dès l’Antiquité, le dialogue déploie des implications morales, politiques et épistémologiques. Et depuis lors, il est demeuré un élément essentiel du paysage philosophique, autant comme pratique que comme objet de réflexion. Le dialogue a gagné en importance depuis le 20e siècle (on peut penser à Gadamer, à Ricœur, à Taylor, à Habermas, à la philosophie pour enfants, à l’éthique appliquée…), peut-être même une importance théorique proportionnellement inverse à ce qui semble aujourd’hui être sa faillite pratique dans l’espace public. À l’ère de la polarisation des opinions, le dialogue semble en effet de plus en plus difficile.
La notion de dialogue soulève de nombreuses questions qui concernent notamment sa définition, sa pratique, son importance dans la recherche de la vérité et ses conditions de possibilité. Ainsi, la réflexion sur le dialogue peut se déployer tant sur le plan métaphysique, épistémologique, politique qu’éthique. On pourrait s’intéresser à l’enseignement même de la philosophie, que plusieurs considèrent comme fondamentalement dialogique, ainsi qu’à son avenir quant à l’arrivée des nouvelles technologies et des offres de cours en ligne. On pourrait aussi s’intéresser aux grands dialogues entre philosophes qui ont marqué l’histoire de la philosophie ou aux dialogues que la philosophie a entretenus avec les autres sciences (humaines, pures, de la nature, de la santé…). Le dialogue entre les disciplines pourrait soulever des questions analogues à celui entre les étrangers, concernant notamment l’importance d’une langue commune aux interlocuteurs. Et qu’en est-il du dialogue interculturel ou interreligieux? Comment penser le dialogue entre les États, voire entre les individus, qui entretiennent des rapports de pouvoir asymétriques ou des rapports de domination? À l’instar de Platon, on pourrait aussi se questionner sur la possibilité du dialogue entre la personne qui sait et celle qui ne sait pas, entre la philosophie et le peuple.
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