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Jean Paul Ayina Bouni : ENS de Yaoundé
Nous présentons une étude didactique et épistémologique sur le rôle et la pertinence du récit dans l’enseignement /apprentissage de la notion de chaleur à 60 élèves (élèves de 16-20 ans). Notre démarche associe deux approches : le récit objet de la science narratologique comme outil pour l’enseignement de la notion de chaleur et l’analyse des récits produits par les apprenants pour dégager les conceptions de ces derniers sur la notion de chaleur. Nous avons proposé une situation de vie courante formulée sous forme de récit et mettant en jeu les phénomènes liés aux échanges de chaleur. Les récits spontanés des étudiants ont été analysés dans le but d’identifier leurs différentes conceptions ainsi que les liens qu’ils établissent entre les concepts qui organisent les échanges de chaleur. Nous avons fondé nos analyses sur les sept fonctions didactiques du récit développées par Reuter (2007, p.9) en discutant de la pertinence didactique et épistémologique du récit comme objet, outil et médiateur dans l’enseignement apprentissage des notions et concepts scientifiques et plus particulièrement la notion de chaleur. L’analyse des productions des apprenants montre d’une part que le récit provoque une forte implication des apprenants par rapport aux autres types d’activités Ainsi 60 élèves sur 60 soit 100% ont produit un récit. D’autre part, il apparait comme un révélateur efficace des conceptions.
Ce colloque pluridisciplinaire sur le récit est organisé dans le cadre de la collaboration entre des chercheurs de l’Université Lyon 1 et de l’Université du Québec en Outaouais. S’inscrivant dans les travaux de didactique de sciences et de gestion de la classe menés par ces partenaires depuis quelques années, le récit émerge comme une thématique fédératrice méritant réflexion. Ainsi, les coresponsables proposent de développer des échanges scientifiques autour du récit et ses usages, en invitant chercheurs et praticiens de disciplines et de champs de pratique variés à établir un dialogue sur leurs avancées théoriques et méthodologiques sur le récit. Il s’agit alors de questionner les fondements épistémologiques du récit, ses diverses utilités et les fonctions de la dimension narrative. Dès lors se pose la question des formes possibles de cette dimension, comme représentation multimodale construite ou reconstruite sur la base de systèmes sémiotiques plus ou moins normés et liés aux dimensions de syntaxe, de sémantique et de pragmatique. Ces récits, articulés autour de l’acheminement d’une information à un destinataire plus ou moins identifié, constituent une forme de communication spontanée ou structurée. Le récit entretient donc des rapports pluriels à la réalité et à l’imaginaire, développe la capacité inventive et interprétative de l’auteur et du récepteur, et contribue au déploiement de nouvelles compétences. Le récit fait l’objet de nombreux usages, dans pratiquement tous les domaines et contextes de la vie socioéconomique, politique et scientifique. Plusieurs études s’en emparent, soit en tant qu’objet d’étude, soit en tant qu’instrument méthodologique. Ce colloque vise à questionner les enjeux, fonctions et usages du récit, les contraintes auxquelles il doit se soumettre, ou dont il est objet de critique, l’intention et l’objectivité des usagers : qu’est-ce qui est raconté, qui le raconte? Qui a commandité ce récit, pour quelle visée et pour quels usages?
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