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Alex Lena : Université Claude-Bernard-Lyon-I
La paléontologie est une science historique et le fossile est le seul accès à l’histoire du vivant. De fait, le paléontologue n’observe pas les phénomènes passés et ne peut plus expérimenter sur ce vivant disparu. Tout est à reconstruire.
La communication défendra l’idée que, comme pour toute histoire, la mise en récit de l’histoire de la vie est une entrée pertinente satisfaisant à la nécessité épistémologique de l’explication scientifique.
Plus que pour d’autres disciplines, en paléontologie, la mise en récit est à la fois un moyen et un but. Un moyen, car il est l’outil de construction de l’explication et comme but il est l’explication elle-même. Autrement dit, l’écriture du récit paléontologique est d’une part, la mise en cohérence des événements biologiques entre-eux et d’autre part, l’acte de mise à l’épreuve de cette cohérence visant l’adhésion de la communauté scientifique. Cette dialectique serait incomplète si l’on n’y ajoutait pas certaines opérations préalables et nécessaires, constitutives du récit, celle de la « prise de contact » avec l’histoire et celle de l’élaboration des faits.
J’argumenterai la pertinence épistémologique de cette dialectique en m’appuyant sur les travaux de Paul Ricœur (Temps et récits) et notamment à travers la notion de mimésis. Je définirai ce qui relève de la notion de « prise de contact » avec l’histoire et de fait paléontologique (mimésis I), celle de l’événement (mimésis II) et enfin celle du temps raconté explicatif (mimésis III).
Ce colloque pluridisciplinaire sur le récit est organisé dans le cadre de la collaboration entre des chercheurs de l’Université Lyon 1 et de l’Université du Québec en Outaouais. S’inscrivant dans les travaux de didactique de sciences et de gestion de la classe menés par ces partenaires depuis quelques années, le récit émerge comme une thématique fédératrice méritant réflexion. Ainsi, les coresponsables proposent de développer des échanges scientifiques autour du récit et ses usages, en invitant chercheurs et praticiens de disciplines et de champs de pratique variés à établir un dialogue sur leurs avancées théoriques et méthodologiques sur le récit. Il s’agit alors de questionner les fondements épistémologiques du récit, ses diverses utilités et les fonctions de la dimension narrative. Dès lors se pose la question des formes possibles de cette dimension, comme représentation multimodale construite ou reconstruite sur la base de systèmes sémiotiques plus ou moins normés et liés aux dimensions de syntaxe, de sémantique et de pragmatique. Ces récits, articulés autour de l’acheminement d’une information à un destinataire plus ou moins identifié, constituent une forme de communication spontanée ou structurée. Le récit entretient donc des rapports pluriels à la réalité et à l’imaginaire, développe la capacité inventive et interprétative de l’auteur et du récepteur, et contribue au déploiement de nouvelles compétences. Le récit fait l’objet de nombreux usages, dans pratiquement tous les domaines et contextes de la vie socioéconomique, politique et scientifique. Plusieurs études s’en emparent, soit en tant qu’objet d’étude, soit en tant qu’instrument méthodologique. Ce colloque vise à questionner les enjeux, fonctions et usages du récit, les contraintes auxquelles il doit se soumettre, ou dont il est objet de critique, l’intention et l’objectivité des usagers : qu’est-ce qui est raconté, qui le raconte? Qui a commandité ce récit, pour quelle visée et pour quels usages?
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