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Annick VALLIÈRES : Université de Montréal
Le discours de la santé publique québécois sur l’allaitement maternel n’est pas moralement neutre et induit, chez plusieurs femmes, une forte pression à l’allaitement maternel. Considérant le fait que les femmes ne proviennent pas des mêmes milieux sociaux, n’ont pas les mêmes aspirations d’allaitement et ne rencontrent pas les mêmes obstacles à la réalisation de leur « projet » d’allaitement, il s’avère important de se questionner sur les manières dont l’allaitement idéalisé peut façonner le vécu de l’allaitement maternel des femmes. Suivant le parcours d’allaitement de 20 femmes de leur troisième trimestre de grossesse à quelques mois suivant la naissance de leur premier enfant via des entretiens semi-dirigés en période pré- et post-natale ainsi que des journaux de bord tenus par certaines participantes, cette présentation basée sur mon projet doctoral porte précisément sur les enjeux individuels et sociaux des femmes entourant l’alimentation du nourrisson et vise à mieux cerner les écarts possibles entre les attentes et les réalités vécues. Dans un premier temps, j’analyserai les aspirations prénatales d’allaitement autant en ce qui concerne la durée, l’exclusivité que leurs motivations. Dans un deuxième temps, je présenterai les réalités d’allaitement vécues en mettant de l’avant notamment les désillusions.
La réalisation des projets de couple et familiaux constitue des préoccupations importantes des individus contemporains. Ces projets font l’objet de représentations sociales produites par plusieurs sources (médias, psychologie populaire, conseils sur Internet). Celles-ci proposent des modèles et fournissent des supports à des imaginaires alimentant les scénarios personnels, créant des attentes qui se heurtent aux réalités quotidiennes, entraînant souvent désillusions et déceptions, pouvant aller jusqu’à remettre en cause le maintien de projets initiaux. Ce colloque propose une réflexion sur la construction des imaginaires sociaux associés à l’établissement des relations de couple et de la famille, aux modalités de passage des projets à la réalité et à l’analyse des satisfactions, des désillusions et des stratégies d’adaptation aux nouvelles conditions. Les études sur le couple montrent l’importance des idéaux liés au sentiment amoureux et aux relations de couple qui se déclinent selon des modèles susceptibles de produire des insatisfactions, allant jusqu’à la rupture. Dans le cas des relations familiales et de l’arrivée d’un enfant, les études indiquent la présence d’un écart entre l’enfant imaginé et l’enfant réel dont le projet répond moins à des attentes collectives qu’à des volontés individuelles. La grossesse doit répondre à un projet désiré, planifié, pour offrir à l’enfant à naître un bon départ dans la vie, d’où l’accroissement de la responsabilité des individus et des pressions entraînant une anxiété qui peut se manifester de plusieurs façons (dépressions, problèmes d’attachement, tensions conjugales, remises en cause de son idéal de famille, regrets d’avoir eu des enfants, etc.). Ce colloque constitue une invitation à (re)penser les attentes et les représentations sociales, à cerner les nouveaux enjeux individuels et sociaux entourant les choix familiaux et à mieux comprendre les imaginaires, les attentes et les désillusions vécues par les individus et les couples.
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