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Jesse Schnobb : UQO - Université du Québec en Outaouais
Les travaux de Bruno Latour (1997, 2007a, 2007b, 2012) ont mis de l’avant qu’il existe plusieurs modes d’existence, des philosophies. Le développement durable est l’une de ces philosophies. Toutefois, malgré l’avancement des travaux sur la question, il reste beaucoup à faire pour mieux comprendre la philosophie d’un développement durable.
L’objectif de cette recherche est de réaliser une enquête d’anthropologie philosophique afin de mieux définir la philosophie d’un développement durable. Pour ce faire, la recherche utilise la Théorie de l’acteur-réseau. Ce cadre théorique permet une méthodologie qui traduit textuellement le cas d’un projet managérial d’éducation expérientielle au développement durable.
Les résultats montrent que c’est la durabilité des relations entre les acteurs (humains, non-humains) qui permet le développement du projet. De plus, la durabilité de ces relations permet des traductions entre les différents modes d’existence des acteurs. C’est ainsi qu’à travers le projet, les acteurs vivent une expérience d’éducation à la philosophie du développement durable.
Bien que ce cas renseigne sur une pratique d’éducation expérientielle au développement durable, beaucoup reste à faire pour adapter cette pratique managériale à d’autres milieux. Il est également nécessaire de conduire d’autres recherches sur le mode d’existence d’un développement durable afin de mieux en identifier les caractéristiques et les propriétés.
De nombreuses études en éducation à l’environnement et au développement durable (EEDD) ont identifié une forme de fatalisme et de désengagement de la jeunesse face à la crise environnementale actuelle. La seule centration sur les savoirs environnementaux s’avère insuffisante, car les enjeux actuels appellent un engagement et une mobilisation effective des acteurs. Pour y faire face, il semble nécessaire de penser une éducation à l’EEDD qui favorise la mise en place d’actions écocitoyennes. Différents travaux en EEDD soulignent l’importance potentielle des liens entre savoirs, acteurs et territoires. Plus précisément, ce colloque cherchera à explorer comment les recherches en éducation prennent en considération les acteurs et les enjeux locaux des territoires ainsi que les objets d’étude, les cadres de référence et les méthodologies qui sont privilégiés par ces recherches. Ceci sera structuré autour de trois axes de recherche :
1) Éducation et territoires : une EEDD qui intègre le territoire est plus qu’une éducation au territoire, c’est aussi une éducation pour et dans le territoire. Il est ici question d’interroger ces différentes approches, leurs dynamiques d’émergence, leur caractère de nouveauté ainsi que les changements qu’elles induisent dans les disciplines scolaires plus classiques.
2) Savoirs et acteurs : l’EEDD pose la question de la manière dont les élèves peuvent s’approprier les savoirs en tant qu’acteurs citoyens. Ceci conduit à s’intéresser à la manière dont les apprenants, de l’école primaire à l’université, reconstruisent des savoirs hybrides entre l’école et la société en lien avec leur agentivité écocitoyenne.
3) Dynamiques des acteurs et des territoires : l’intégration d’une logique des acteurs et des territoires pose la question de son appréhension d’ensemble. L’utilisation des approches basées sur la complexité permettra d’aborder la question de la dynamique des acteurs et des territoires et la place de la résilience dans l’EEDD.
Titre du colloque :