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Julien VIRGOS : Université Toulouse-Jean-Jaurès
En France, les animateurs jeunesse font partie d'un groupe professionnel hétérogène et en tension (Lebon, 2009), à la croisée de l'intervention sociale et de l'éducation non formelle. Dans un contexte de raréfaction budgétaire où les associations doivent s'adapter aux appels d'offres, l'amenuisement des frontières entre secteur associatif et secteur privé marchand impacte les modes de gouvernance des structures et les parcours professionnels (Virgos, 2017). Les parcours des jeunes animateurs sont particulièrement impactés par ces évolutions ; la précarité est généralement caractéristique de leur entrée dans la profession. Une part conséquente de l'activité de ces associations est assurée par des stagiaires en formation, des « Services Civiques » ou des « Contrats d'Avenir ». Si certains parviennent à y construire une place (Bordes, 2016) leur assurant une pérennisation de leur emploi, d'autres vivent l'impasse à laquelle ils sont confrontés comme un « désenchantement » (Eme, 2005), pouvant les amener à bifurquer (Abbott, 2001 ; Bidart & Longo, 2007).
Cette communication questionnera l'impact de ces pratiques sur les processus de socialisation professionnelle (Dubar, 2000 ; Darmon, 2006 ; Serre, 2010) et sur le rapport au travail (Sainsaulieu, 2014 ; Dubar, 1992) des jeunes animateurs. Nous nous appuierons sur l'analyse de 12 études de cas issues d'une thèse actuellement en cours, articulant observations participantes et entretiens centrés sur les parcours professionnels.
Au cours des dernières décennies, le contenu et les conditions d’exercice du travail se sont profondément transformés : changements techniques et organisationnels importants; reconfiguration des conflits et des rapports sociaux de travail; modifications des arrimages entre la vie professionnelle et la vie privée; transformations des repères spatiaux et temporels de l’activité. De nouvelles stratégies d’entreprise ont aussi été déployées, qui se traduisent par une quête de flexibilité fondée sur l’externalisation d’une partie de l’emploi, une réduction des droits et des sécurités et l’émergence des outils technologiques qui changent la nature du travail et imposent un nouveau modèle productif. Dans ce contexte, le rapport au travail des nouvelles générations subit des métamorphoses importantes. Défini comme la manière de vivre le travail, la place qu’il occupe dans la vie et la signification qu’il revêt, le rapport au travail est un médiateur entre les contextes socioéconomiques et culturels et la situation en emploi des jeunes. Il repose sur un ensemble de représentations, de relations à soi et aux autres, de dispositions vers le marché du travail et le monde en général, qui déterminent tant la place individuelle attribuée par les jeunes au travail que la contribution de celui-ci à la société.
Quels sont les effets des changements socioéconomiques contemporains sur les rapports au travail des jeunes? Dans quelle mesure les transformations en cours modifient-elles les manières de se représenter le travail, de se conduire en emploi et d’effectuer des choix professionnels chez les nouvelles générations?
Conçu dans une perspective interdisciplinaire et combinant plusieurs approches analytiques, le colloque est structuré autour de trois axes : 1) rapports au travail, secteurs et groupes professionnels; 2) rapports au travail et vulnérabilités; 3) rapports au travail, construction et comparaison intergénérationnelle.
Titre du colloque :