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Les CHSLD au Québec, un lieu d’inégalité des pouvoirs et des savoirs? Le cas spécifique de la faible implication des préposés aux bénéficiaires aux décisions organisationnelles

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Francois Aubry : UQO - Université du Québec en Outaouais

Résumé de la communication

L’objectif de notre communication sera de démontrer en quoi les CHSLD au Québec sont représentés comme des « milieux de vie » dans lesquels la collaboration entre employés permettrait l’accroissement de la qualité de vie du résident; néanmoins, cet idéal se confronte à la réalité organisationnelle de ces centres, très hiérarchiques, qui laisse peu de place aux savoirs paramédicaux, et donne peu de pouvoir aux préposés aux bénéficiaires dans l’organisation des services. La mission des CHSLD est de fournir un service adapté aux personnes en forte perte d’autonomie. Les préposés, dont le mandat est d’assister quotidiennement les résidents, forme la catégorie de personnel la plus importante en CHSLD en termes de volume de main d’œuvre. Par leur proximité avec les résidents, les préposés développent des savoirs relationnels de grande importance pour l’organisation des soins. Malheureusement, ces savoirs ne sont jamais reconnus comme tels par les gestionnaires. La prédominance demeure du côté des savoirs médicaux, actés par les infirmières. En prenant appui sur le cadre théorique de Dujarier (2015) qui a analysé les principes d’un « management désincarné », et sur celui de Clot et Gollac (2010) portant sur la capacité collective à réduire les tensions entre prescrit et réel, nous identifierons les conditions favorisant la prise en compte du point de vue des préposés dans l’organisation des services, conditions majeure pour une démocratisation des CHSLD.

Résumé du colloque

Plusieurs recherches, sondages et lettres ouvertes tendent à montrer que la dimension humaine des services offerts dans les réseaux scolaires et sociosanitaires est en péril (Le Devoir, 2018; Lévesque, 2018; Rousseau, 2018). La « déshumanisation » des pratiques et l’« autoritarisme » de l’organisation des réseaux devenus « trop centralisée » sous l’effet de réformes souvent associées aux préceptes de la nouvelle gestion publique et aux approches de type Lean est particulièrement pointée du doigt (Grenier et Bourque, 2016; Maranda et al., 2014; Parazelli et Ruelland, 2017). Paradoxalement, les politiques en matière d’organisation de l’action publique en éducation et en santé et services sociaux reconnaissent l’importance de l’autonomie professionnelle, de la collaboration et de la participation des usagers, notamment lorsqu’il s’agit d’intervenir dans des situations complexes (Couturier et Belzile, 2018). Vue comme une possibilité de mieux coordonner l’action publique et de mettre à profit la complémentarité des expertises, la collaboration devient un impératif organisationnel, professionnel et juridique pour les professionnels, les gestionnaires de même que les usagers et leurs proches. Les espaces de collaboration prescrite peuvent-ils être des lieux de démocratisation, c’est-à-dire des lieux de dialogue où chacun exprime librement son point de vue; de coconstruction des pratiques menant à des prises de décision collective; d’interreconnaissance des savoirs et des activités de chacun; agissant sur les inégalités sociales de pouvoir de manière à les réduire durant l’élaboration de problèmes et de solutions; consolidant le pouvoir d’agir collectif sur l’organisation de l’action publique? Comment les différents acteurs concernés peuvent-ils se saisir des occasions de collaboration pour démocratiser l’organisation de l’action publique; c’est-à-dire pour agir sur les mécanismes de reproduction d’inégalités sociales de pouvoir induite par un contexte organisationnel déterminé?

Contexte

section icon Thème du congrès 2019 (87e édition) :
Engager le dialogue savoirs – sociétés
section icon Date : 28 mai 2019

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