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Jean Ramdé : Université Laval
Le récent rapport de l’Institut national de la santé publique du Québec (INSPQ, 2015 :1) renouvelle le besoin d’« accroitre la compétence interculturelle en tant que dimension de la qualité des services à l’échelle du système de santé et de services sociaux ». Pour développer des connaissances sur le transfert d’instruments ou de modèles dans des milieux de pratique en contexte interculturel, une alliance est requise entre les institutions responsables de dispenser des services et l’expertise universitaire. Il appert que toute recherche qui permettrait de comprendre la dynamique sous-jacente au processus d’appropriation et d’application des connaissances issues de la recherche par des intervenants sociaux œuvrant dans le domaine des services sociaux avec des immigrants est à privilégier. En ce sens, nous nous attarderons à documenter les facteurs susceptibles de favoriser l’adoption des connaissances issues de la recherche dans les milieux de pratique. Ces facteurs sont de plusieurs ordres, notamment individuel (l’opinion sur les connaissances, l’Expertise individuelle pour utiliser les connaissances) et organisationnel (les stratégies de soutien à l’utilisation des connaissances, l’importance accordée par votre établissement au développement professionnel). L’exemple d’une recherche pour identifier ces facteurs en psychoéducation sera exposée. Suivra ensuite un lien entre les résultats de cette recherche et les intervenants dans le domaine de l’intervention interculturelle.
Ce colloque de l’ÉDIQ (Équipe de recherche en partenariat sur la diversité culturelle et l’immigration dans la région de Québec, www.ediq.ulaval.ca) examine les interactions complexes qui s’établissent entre les institutions en tant que systèmes d’organisation ayant des valeurs, des règles et des pratiques, et la population québécoise, qui est marquée par une diversité culturelle, linguistique et religieuse croissante. L’angle privilégié pour appréhender ces interactions est celui des stratégies mises en œuvre, à la fois par les institutions et par les individus, pour favoriser l’accueil et l’insertion des immigrants qui s’établissent dans les régions du Québec. D’une part, les études montrent l’existence de lacunes au sein des institutions et des structures locales responsables de l’accueil et du soutien à l’insertion professionnelle et sociale des nouveaux arrivants, et ce, malgré les politiques gouvernementales mises en œuvre et les ressources investies par certains milieux (Arsenault et Giroux, 2009; Vatz Laaroussi, Bernier et Guilbert, 2013). D’autre part, il appert que les projets individuels et familiaux dont les immigrants sont porteurs servent d’assises à l’élaboration de stratégies (partage de savoirs, d’informations, entraide dans les réseaux informels, retour aux études) visant à favoriser leur processus d’adaptation et d’insertion au sein de leur localité d’accueil (Guilbert, 2010; Vatz Laaroussi, 2009). Il s’avère pertinent de porter un regard transversal et multidisciplinaire sur la trajectoire migratoire des individus afin de mieux comprendre les logiques et les aspirations qui sous-tendent leurs projets ainsi que pour dresser la liste des obstacles et des appuis qu’ils rencontrent tout au long de leur parcours. Enfin, ces visées s’inscrivent dans une problématique plus large, soit celle de l’étude des interactions entre les institutions et les différents groupes qui composent la population, afin de mieux comprendre quels sont les nombreux facteurs qui influencent le rapport à l’autre, que celui-ci soit un Québécois natif ou issu de l’immigration. Ce colloque comporte quatre objectifs : 1) porter un regard multidisciplinaire sur les interactions qui se développent entre les institutions et la population dans les régions du Québec, notamment en matière d’accueil et d’accompagnement des immigrants; 2) favoriser le partage et la mobilisation des connaissances entre les chercheurs universitaires, les professionnels de l’intervention et les acteurs de terrain qui interagissent quotidiennement avec les immigrants et les réfugiés; 3) créer et consolider des liens entre chercheurs et partenaires de première ligne pouvant mener à l’élaboration de nouvelles collaborations et projets de recherche; et 4) formuler des recommandations visant l’élaboration de politiques sociales, de pratiques d’intervention et de services qui sont en adéquation avec les besoins spécifiques et changeants de cette population.
Titre du colloque :