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Nancy Goyette : UQTR- Université du Québec à Trois-Rivières
La formation à l’enseignement au Québec est axée sur le développement de compétences professionnelles dans une alternance entre les apprentissages théoriques à l'université et les apprentissages expérientiels vécus en stage (Dufour et al., 2016). Or, le paradigme exploité dans le processus d’apprentissage s’oriente davantage dans une approche orientée par les déficits à combler pour atteindre le niveau de maitrise de ces compétences par les étudiantes et peu par leurs forces (Goyette, 2018). Dans ce contexte, un dispositif de formation a été mis en place pour permettre la prise de conscience des forces de caractère par ces dernières lors d’un cours d’identité professionnelle et la mise en place d’une analyse réflexive lors du stage IV, focalisant sur l’approche de l’Appreciative Inquiry (Cooperrider & Whitney, 2005). Cette approche est l’art et la pratique de poser des questions positives qui renforce la capacité à appréhender et à augmenter le potentiel positif de chacune. L’objectif de ce dispositif est de construire une meilleure représentation de soi contribuant au développement d’une identité professionnelle positive (Goyette & Martineau, 2018). Cette communication présentera d’abord le dispositif de formation et les concepts théoriques sous-jacents, pour ensuite s’attarder aux impacts de ce dernier sur le bienêtre et le développement professionnel des étudiantes, et plus particulièrement celles éprouvant des difficultés, par l’entremise de leurs rétroactions écrites.
Les établissements postsecondaires connaissent une hausse importante des étudiants en situation de handicap (ESH) (812 % en 10 ans, AQICESH, 2018), ce qui crée une pression sur l’ensemble des acteurs concernés par la formation théorique et pratique. Les enjeux les plus fréquemment soulevés par le personnel enseignant en contexte postsecondaire à l’égard des ESH concernent l’équité envers les autres étudiants, le jugement évaluatif (atteinte des objectifs et valeur du diplôme) et, surtout, le travail additionnel requis par ceux qui les accompagnent pour leur offrir un étayage à la fois éthiquement responsable et efficace afin qu’ils acquièrent les savoirs et les compétences propres à assurer leur avenir personnel, professionnel et social (Ducharme, Montminy, 2012; Anderson, 2012). Ainsi, peu importe les contextes de formation, professeurs, formateurs universitaires et de terrain composent avec la tâche d’accompagner ces étudiants à pallier les défis et enjeux rencontrés (McWaine, 2012; Philion et al., 2016). Au-delà des accommodements pouvant leur être offerts, ces différents acteurs tentent de déterminer quel accompagnement peut être mis en œuvre pour contribuer à leur apprentissage. Or, les écrits proposent une multitude de définitions de l’accompagnement, ce qui s’explique sans doute par la complexité de chaque situation (Boucenna, 2014). Cette complexité résulte du fait que chaque accompagnement s’inscrit dans un contexte culturel et éthique précis et met en interaction des acteurs qui, selon leurs savoirs et expériences singulières, auront des représentations différentes de leurs rôles et fonctions (Vivegnis, 2018). Qu’il s’agisse d’enjeux individuels, sociaux ou éthiques, ce colloque vise à permettre aux différents chercheurs et praticiens, de divers champs disciplinaires, de partager l’avancée de leurs travaux scientifiques et de leur réflexion sur l’accompagnement pouvant être offert aux ESH, en lien avec les cours ou la formation pratique en stage.
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