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Mobiliser la théorie critique de Nancy Fraser pour l’étude de l’action collective, du syndicalisme et des innovations sociales dans la crise actuelle du néolibéralisme

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Paul-André Lapointe : Université Laval

Résumé de la communication

La théorie critique de N. Fraser se distingue par trois contributions majeures. Son approche de la justice sociale associe les enjeux de distribution et de reconnaissance dont le déni relève d’un statut situé dans les relations sociales. Le redressement de la distribution inique et du déni de reconnaissance repose sur des exigences démocratiques, soit la parité de participation des victimes aux délibérations dans la sphère publique. N. Fraser propose en outre une théorie du capitalisme considéré comme un ordre social institutionnalisé, composé de quatre séparations (production et reproduction sociale, économie et politique, nature et présence humaine, exploitation et expropriation des pays du Sud). Prolongeant l’apport du marxisme classique, centré sur l’exploitation et la lutte des classes, N. Fraser dégage l’importance des luttes sociales qui émergent aux frontières des quatre séparations : féminisme, socialisme démocratique, écologie et anti-impérialisme. Appuyée sur cette conception du capitalisme, elle offre enfin une analyse de la grammaire des luttes sociales en ajoutant une troisième dimension, soit l’émancipation, au double mouvement de Polanyi, polarisé entre la société et l’économie. Après avoir rappelé les principales contributions de la théorie critique de N. Fraser, la communication en dégagera certaines orientations susceptibles de guider l’étude de l’action collective, du syndicalisme et des innovations sociales dans la crise actuelle du néolibéralisme.

Résumé du colloque

Les changements politiques contemporains se manifestent par la promotion de modes d’action publique qui mettent au second plan le rôle régulateur de l’État et le dialogue avec la société civile organisée, tout en mettant à l’épreuve la solidarité et la cohésion sociales. Si les innovations sociales sont souvent nées dans de telles configurations, ces contraintes représentent néanmoins des défis de taille tant pour les praticien-ne-s que pour les chercheur-se-s. La capacité des innovations sociales à conduire à des transformations sociales et à de l’action publique, ou à constituer une forme de résistance à l’effritement du lien social, est ainsi de nouveau remise en question. Le but de ce colloque est de comprendre comment l’arrimage recherche-terrain permet aux acteurs de se repositionner dans un environnement en mutation et de produire des connaissances et des pratiques transformatrices. Ces défis se déclinent sur plusieurs plans :

- L’économie sociale et les autres organisations collectives sont interrogées sur leur capacité de développer une action autonome et sur leur rapport à un État qui semble moins porté vers les modèles à but non lucratif qu’il l’a déjà été.

- Les territoires, dont les instances de concertation et de développement, souvent mises à mal par les nouvelles orientations politiques, doivent trouver de nouvelles avenues pour préserver les solidarités, assurer une transition écologique et penser leur développement social.

- Le travail et ses acteurs subissent ces changements à travers la déstabilisation tant du statut salarial que des institutions syndicales.

Ces questions conduisent à s’interroger sur les pratiques et sur le rôle des établissements d’enseignement supérieur comme miroir critique et comme incubateur d’innovations sociales. Ce colloque invite également à analyser l’action spécifique de ces « passeurs » et « opérateurs » du dialogue savoirs-société, qu’ils soient assimilés au domaine universitaire ou à la pratique sociale.

Contexte

section icon Thème du congrès 2019 (87e édition) :
Engager le dialogue savoirs – sociétés
section icon Date : 28 mai 2019

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