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Négocier et traduire les savoirs. Une analyse de l’expérience du travail de collaboration réalisé en première ligne dans le domaine de l’autisme

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Isabelle Courcy : Université de Montréal

Résumé de la communication

La prévalence du trouble du spectre de l’autisme (TSA) comme catégorie diagnostique est en augmentation au Canada. Les services offerts visent à soutenir le développement et l’autonomie des personnes, de même qu’à prévenir l’épuisement des proches. Les équipes spécialisées de première ligne jouent un rôle clef dans la recherche et la coordination de ces services. Dans le Réseau de la santé et des services sociaux, l’impératif de collaboration suscite des opportunités et des défis inédits pour ces travailleurs et travailleuses.Cette communication présente les résultats d’une recherche effectuée auprès d’équipes de première ligne et visant à analyser la façon dont ces derniers décrivent, expérimentent et subjectivent le travail de la collaboration. La collecte des données s’est composée de récits de pratique, de discussions de groupe et de situations de retour, le tout s’échelonnant sur deux ans. Les résultats montrent que les contextes structurels et relationnels influencent la façon dont ces travailleurs et travailleuses décrivent leur rôle et subjectivent leur rapport au travail de la collaboration. La négociation et la traduction des différents savoirs (professionnels et expérientiels) apparaissent également comme des éléments centraux leur permettant de « faire sens » de leur pratique et des difficultés qu’ils et elles rencontrent. Les conditions qui favorisent ou empêchent leur pouvoir d’agir sur l’organisation du travail et les services offerts seront discutées.

Résumé du colloque

Plusieurs recherches, sondages et lettres ouvertes tendent à montrer que la dimension humaine des services offerts dans les réseaux scolaires et sociosanitaires est en péril (Le Devoir, 2018; Lévesque, 2018; Rousseau, 2018). La « déshumanisation » des pratiques et l’« autoritarisme » de l’organisation des réseaux devenus « trop centralisée » sous l’effet de réformes souvent associées aux préceptes de la nouvelle gestion publique et aux approches de type Lean est particulièrement pointée du doigt (Grenier et Bourque, 2016; Maranda et al., 2014; Parazelli et Ruelland, 2017). Paradoxalement, les politiques en matière d’organisation de l’action publique en éducation et en santé et services sociaux reconnaissent l’importance de l’autonomie professionnelle, de la collaboration et de la participation des usagers, notamment lorsqu’il s’agit d’intervenir dans des situations complexes (Couturier et Belzile, 2018). Vue comme une possibilité de mieux coordonner l’action publique et de mettre à profit la complémentarité des expertises, la collaboration devient un impératif organisationnel, professionnel et juridique pour les professionnels, les gestionnaires de même que les usagers et leurs proches. Les espaces de collaboration prescrite peuvent-ils être des lieux de démocratisation, c’est-à-dire des lieux de dialogue où chacun exprime librement son point de vue; de coconstruction des pratiques menant à des prises de décision collective; d’interreconnaissance des savoirs et des activités de chacun; agissant sur les inégalités sociales de pouvoir de manière à les réduire durant l’élaboration de problèmes et de solutions; consolidant le pouvoir d’agir collectif sur l’organisation de l’action publique? Comment les différents acteurs concernés peuvent-ils se saisir des occasions de collaboration pour démocratiser l’organisation de l’action publique; c’est-à-dire pour agir sur les mécanismes de reproduction d’inégalités sociales de pouvoir induite par un contexte organisationnel déterminé?

Contexte

section icon Thème du congrès 2019 (87e édition) :
Engager le dialogue savoirs – sociétés
section icon Date : 28 mai 2019

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