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Corinne FORTIN : Université Paris-Et Créteil Val-de-Marne
Si nous ne voulons pas être, prochainement, les derniers représentants des grands singes sur la planète, la construction d’un rapport de l’Humain aux autres primates devient un enjeu éducatif crucial face à la menace d’extinction qui pèse sur ces espèces.
Notre recherche vise à interroger notre rapport aux grands primates à partir de l’étude des relations de parenté entre l’Humain et le Chimpanzé dans les programmes français des concours de recrutement des professeurs de sciences de la vie et de la Terre et dans les programmes scolaires du second degré.
Nous montrons que l’absence de prise en charge curriculaire de la controverse scientifique sur la pertinence à inclure ou non le Chimpanzé dans le même genre zoologique que l’Humain (Wildman et al. 2003) – à savoir le genre Homo caractéristique de notre espèce Homo sapiens - ne relève pas uniquement d’une transposition didactique du savoir savant en un savoir à enseigner (Chevallard, 1985), mais s’inscrit dans une circulation des savoirs (Derouet, 2002) entre la communauté scientifique, la sphère universitaire de formation enseignante et la scolarisation des savoirs dans le cadre, plus large, d’un projet éducatif anthropocentré (Fortin, 2018). Il apparaît au terme de cette étude, que la résistance curriculaire à envisager l’inclusion du Chimpanzé dans le genre Homo s’explique, sans doute, par la nécessaire remise en cause de la frontière nature/culture comme le proposent certains ethno-primatologues (Leslel., 2001).
À la croisée de l’accélération de l’érosion de la biodiversité et des transformations induites par les technosciences, le vivant semble être dans une période que l’on peut considérer comme charnière. À la fois manipulé, transformé et menacé, le concept même de vivant est amené à être repensé, voire reproblématisé (Cherlonneix, 2013; Dell’Angelo, Bernard, de Montgolfier et Simard, 2015). Cet enjeu, que l’on peut qualifier de socialement vif, mobilise de nombreux chercheurs issus de différents champs de recherche ainsi que des acteurs de l’éducation (Audigier, Tutiaux-Guillon et Sgard, 2015; Cancian, 2015; Lafontaine, 2014; Pedretti et Nazir, 2011). Nous proposons dans ce colloque de croiser ces différents regards afin de traiter des enjeux éducatifs relatifs au vivant sous différentes perspectives, notamment épistémologique, éthique, scientifique et citoyenne.
Ce colloque a pour objectif de contribuer à l’avancement des connaissances et des réflexions concernant l’éducation au vivant en le déclinant sous deux volets. Le premier volet propose de discuter des défis contemporains relatifs au vivant face aux avancées technologiques qui permettent de façonner certaines formes du vivant ou encore de le remplacer. Comment alors comprendre, appréhender, voire repenser le concept du vivant? Le deuxième volet, pour sa part, vise à apporter des éléments de réflexion, issus de la recherche, sur la façon dont nos institutions éducatives contribuent à la construction d’une conceptualisation du vivant en tant qu’objet de science, à celle des représentations de la vie et du vivant ainsi qu’à celle de différents rapports au(x) vivant(s).
Nous proposons par ce colloque un espace de discussion croisant les perspectives, les travaux de recherche et les pratiques dans les milieux éducatifs formel et non formel, sous la thématique « Éduquer au vivant ».
En continuité avec le partage de travaux de recherche précédents (Acfas, 2015 et 2017), ce colloque (2019) invite ainsi à poursuivre la réflexion sur les enjeux entourant le vivant et l’éducation au vivant selon deux volets :
– Perspectives épistémologique, éthique, scientifique et citoyenne
– Réflexions et pratiques en milieu éducatif
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