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Polarisation et populisme

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Jean-Claude Simard : UQAM - Université du Québec à Montréal

Résumé de la communication

Afin de rendre compte de la vague actuelle des populismes, qu’ils soient de droite ou de gauche, on analysera une série de facteurs explicatifs, dont l’effet cumulé devient ravageur. Depuis une vingtaine d’années, en effet, une nouvelle façon de faire de la politique est apparue dans plusieurs pays occidentaux : la politique polarisante (wedge politics). Cette stratégie de division cible volontairement des thèmes à haute teneur affective, tels la criminalité, les crispations raciales, les théories du genre, ainsi de suite. Cette approche entraîne des clivages tranchés, ce qui occasionne déjà de fortes tensions dans la population. Ajoutons-y un facteur sociologique, les phénomènes de migration massive, un facteur international, l’impact des nouveaux modèles de réussite économique associés à des régimes autoritaires (Chine, Russie, Turquie, Iran, etc.), et couplons enfin le tout à un facteur technologique délétère, la caisse de résonance des médias numériques; on obtient alors tous les ingrédients de la tempête parfaite. On examinera l’ensemble de ces facteurs afin de montrer comment cette étiologie multifactorielle exerce actuellement une forte pression sur les régimes démocratiques de type occidental et y facilite entre autres la montée du populisme.

Résumé du colloque

Dès l’Antiquité, le dialogue déploie des implications morales, politiques et épistémologiques. Et depuis lors, il est demeuré un élément essentiel du paysage philosophique, autant comme pratique que comme objet de réflexion. Le dialogue a gagné en importance depuis le 20e siècle (on peut penser à Gadamer, à Ricœur, à Taylor, à Habermas, à la philosophie pour enfants, à l’éthique appliquée…), peut-être même une importance théorique proportionnellement inverse à ce qui semble aujourd’hui être sa faillite pratique dans l’espace public. À l’ère de la polarisation des opinions, le dialogue semble en effet de plus en plus difficile.

La notion de dialogue soulève de nombreuses questions qui concernent notamment sa définition, sa pratique, son importance dans la recherche de la vérité et ses conditions de possibilité. Ainsi, la réflexion sur le dialogue peut se déployer tant sur le plan métaphysique, épistémologique, politique qu’éthique. On pourrait s’intéresser à l’enseignement même de la philosophie, que plusieurs considèrent comme fondamentalement dialogique, ainsi qu’à son avenir quant à l’arrivée des nouvelles technologies et des offres de cours en ligne. On pourrait aussi s’intéresser aux grands dialogues entre philosophes qui ont marqué l’histoire de la philosophie ou aux dialogues que la philosophie a entretenus avec les autres sciences (humaines, pures, de la nature, de la santé…). Le dialogue entre les disciplines pourrait soulever des questions analogues à celui entre les étrangers, concernant notamment l’importance d’une langue commune aux interlocuteurs. Et qu’en est-il du dialogue interculturel ou interreligieux? Comment penser le dialogue entre les États, voire entre les individus, qui entretiennent des rapports de pouvoir asymétriques ou des rapports de domination? À l’instar de Platon, on pourrait aussi se questionner sur la possibilité du dialogue entre la personne qui sait et celle qui ne sait pas, entre la philosophie et le peuple.

Contexte

section icon Thème du congrès 2019 (87e édition) :
Engager le dialogue savoirs – sociétés
section icon Date : 28 mai 2019

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