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Joanie Desgagné : Université Laval
Les peuples autochtones, dans leur grande majorité, sont à la recherche d’une mesure de
souveraineté ou d’autodétermination qui leur permettra d’avoir mainmise sur leur propre
développement. Dans ce contexte de décolonisation « de la recherche, du savoir et de la
mémoire », les recherches participatives conduites « avec » plutôt que « sur » les sujets à
l’étude semblent être la voie tout indiquée. Notre communication vise à partager notre
expérience de recherche où le français n’est pas imposé comme une langue dominante
d’enseignement, mais comme un moyen d’intégrer la culture d’oralité par la tradition orale
innue par l’entremise des cercles interculturels de l’imaginaire. Ainsi, nous présenterons
d’abord notre dispositif et les témoignages d’élèves portant sur leur cheminement
identitaire d’apprenant qui en découlent. Ensuite, nous aborderons les aspects que nous
considérons primordiaux pour que l’enseignement reste un lieu d’accord et
d’interdépendance culturelles plutôt qu’un outil d’annihilation identitaire.
Les récentes contestations publiques, qui ont conduit au Québec à l’interdiction des pièces de théâtre Slav et Kanata, sous motif que le metteur en scène et son équipe s’appropriaient culturellement l’histoire des esclaves noirs et des communautés autochtones, nous amènent à réfléchir sur les diverses significations historiques, politiques, juridiques, sociales et éthiques des revendications des groupes historiquement marginalisés.
Ces groupes, historiquement dominés, mènent aujourd’hui une quête qui va au-delà de la reconnaissance formelle des souffrances qu’elles ont subies dans le passé. En effet, au nom d’une justice réparatrice, elles imposent une sacralisation du passé et des bénéfices financiers et symboliques. Or, comme le souligne Tzvetan Todorov : « Le devoir de mémoire est le devoir de rendre justice, par le souvenir, à un autre que soi. […] La victime dont il est ici question, c’est la victime autre, autre que nous. » (1995 : 108). Se positionner en victime suffit-il pour réparer les souffrances du passé? Est-ce que les excuses suffisent pour passer par-dessus les politiques d’assimilation des autochtones canadiens? La sacralisation du patrimoine autochtone leur permet-elle de continuer à construire leur identité? Quelle partie de leur patrimoine culturel doit être protégée?
Ce colloque propose d’examiner l’évolution discursive des groupes qui utilisent l’appropriation culturelle, à l’instar des Autochtones (Noirs, homosexuels, immigrants, femmes et autres minorités soumis à un pouvoir politique), en lien avec leur constante redéfinition identitaire. Les conférenciers sont invités, d’une part, à réfléchir à ces enjeux à partir d’exemples concrets et, d’autre part, à approfondir les concepts inhérents à ce débat comme ceux d’acculturation, d’assimilation, de reculturation, d’appropriation culturelle, de white culture & white art, d’identité, etc.
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