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Ricardo PÉREZ MORA : Universidad de Guadalajara
Les divers mécanismes d’incitation et de contrôle de la pratique de la recherche, mise en œuvre depuis les années 90 au Mexique, ont eu un impact direct sur la transformation des pratiques scientifiques et, par conséquent, sur le profil des chercheurs. En nous appuyant sur le concept de l’idéal-type selon Max Weber (1864-1920), nous pouvons identifier et caractériser trois profils de chercheurs. Le premier est celui de ceux qui travaillaient de façon indépendante, par initiative et vocation, sans être liés à la bureaucratie institutionnelle. Le deuxième profil fait référence à des chercheurs qui se caractérisent par la réalisation de recherche dans un contexte bureaucratisé et influencé par des normes et des politiques institutionnelles très explicites. Ce dernier s’identifie avec beaucoup de chercheurs aujourd’hui. À partir de l’analyse de ces deux types, on a envisagé un troisième profil idéal de chercheur qui devrait maitriser certaines «soft skills». La présente communication porte sur la présentation et discussion d’un ensemble des «soft skills» (compétences générales) nécessaire aux chercheurs dans le contexte mexicain actuel. Nous faisons l’hypothèse que ces compétences générales permettraient aux chercheurs de mieux s’outiller pour faire face aux contraintes institutionnelles en préservant l’éthos scientifique, ses valeurs et son autonomie.
Problématique
L’usage qu’on peut faire de l’approche par compétences n’est pas indépendant du contexte ni de la notion de compétence elle-même. En effet, ce concept est adopté dans de nombreux domaines : linguistique, technologie éducative, psychologie cognitive, entreprise, sociologie, sociologie du travail, didactique professionnelle et formation des adultes, ergonomie, éducation de base, contexte scolaire, etc. Les vocables qu’elle mobilise sont foisonnants : compétences professionnelles, sociales, transversales, de base, académiques, disciplinaires, scolaires, cognitives, affectives, etc. Ce foisonnement n’est pas neutre. Il témoigne d’enjeux forts dans les rapports sociaux, entre employeurs et employés, entre gestionnaires des ressources humaines et les organismes syndicaux et professionnels, entre formateurs et stagiaires, enseignants et élèves.
Le colloque vise à réunir des communications sur la base de résultats empiriques, de réflexions théoriques ou d’expériences professionnelles. Trois axes seront privilégiés :
– Un axe sémantique visant à interroger le sens et la signification du terme de compétence au regard d’autres termes auxquels il peut être associé ou opposé. Il s’agit notamment de s’interroger sur les glissements sémantiques constatés entre qualification, capacité, compétence, employabilité.
– Un axe relatif aux processus d’acquisition des compétences dans leur pluralité : situation de travail, formation professionnelle, apprentissage informel. Seront également discutés les processus d’évaluation et de transfert des compétences, les démarches de reconnaissance et de validation des acquis de l’expérience.
– Un axe sociopolitique interrogeant les contextes d’émergences de l’approche par les compétences ainsi que les usages sociaux qui en sont faits. Il s’agit notamment d’interroger les enjeux et la portée qui sous-tendent le foisonnement de l’approche par les compétences ainsi que les limites pour ne pas dire les perversions qu’elle peut engendrer.
Pertinence
Le débat sur la notion de compétence montre qu’il n’existe pas une, mais plusieurs façons d’opérationnaliser ce concept. Deux enjeux principaux sous-tendent le colloque. Il s’agit tout d’abord de réunir des chercheurs et des praticiens de différents pays pour partager les résultats de leurs recherches et de leur pratique professionnelle d’accompagnement en la matière. Il s’agit ensuite d’interroger la pertinence de l’approche par les compétences au regard des enjeux sociaux, professionnels et personnels des différents acteurs que cette approche mobilise.
L’organisation du colloque est envisagée sur une durée de deux journées structurées en quatre séances d’une demi-journée chacune. Chaque séance contiendra trois communications d’une heure avec 40 minutes d’exposé et 20 minutes de débats.
Une conférence introductive sera donnée par le professeur Maurice Tardif (Université de Montréal) et sera ouverte au-delà des participants au colloque.
Titre du colloque :
Thème du colloque :