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Laurence Ingenito : UQAM - Université du Québec à Montréal
Cette communication abordera les résultats d’une étude empirique sur la signification du sentiment de justice menée auprès des femmes racisées ou immigrantes vivant à Montréal et ayant vécu des violences à caractère sexuel (VCS) ainsi que leurs intervenantes. Nous remettons en question l’omniprésence du système de justice pénale comme mécanisme d’accès au sentiment de justice et aborde les bienfaits de la valorisation d’une multitude d’approches en justice pour les victimes. Ancrée dans une approche féministe intersectionnelle et critique de l’État (Davis, 1988 ; Bumiller, 1987, 2008; McGlynn, 2011; INC!TE, 2006), cette communication soutient que les réformes du système de justice ne peuvent pas constituer la stratégie ultime de l’agenda féministe comme réponse aux VCS. En plus, celles-ci ne répondent pas à la majorité des besoins des victimes en termes de justice. Les biais de la justice étatique telle qu’elle est pratiquée aujourd’hui ont tendance à marginaliser les femmes les plus vulnérables face aux VCS. Je propose donc de recentrer la réponse sociale face aux violences sexuelles autour de la réparation pour les victimes, de l’augmentation du pouvoir des femmes les plus vulnérables dans la société et de la responsabilisation des institutions relevant de l’État à assurer des conditions de vie, d’éducation et de travail qui soient exempts de violences à caractères sexuels, racistes, colonialiste et économique.
Beaucoup d’efforts ont été faits dans les dernières années pour rendre plus visibles les violences dont sont victimes les femmes. Les différentes vagues de dénonciation, y compris le mouvement #MoiAussi, #balancetonporc, #agressionsnondénoncées, ont grandement contribué à rendre publiques les violences que vivent les femmes. Les militant.e.s et les intervenant.e.s féministes font entendre leur voix depuis les années 1970, mais aujourd’hui tant le milieu de la recherche que les médias s’intéressent à ce problème.
Le colloque vise à diffuser et à partager les connaissances sur les violences faites aux femmes et les pratiques innovantes qui visent à prévenir les violences, à les dénoncer ou à assurer la sécurité et le mieux-être des femmes et de leurs enfants qui en sont victimes. Il propose également de réfléchir collectivement, chercheurs ou chercheuses, étudiant.e.s, intervenant.e.s, miliant.e.s et décideurs ou décideuses, aux défis et aux enjeux de la recherche féministe dans le champ des violences faites aux femmes. Toutes les formes de violences faites aux femmes peuvent être abordées, qu’il s’agisse des violences structurelles, des violences conjugales, des violences exercées par un partenaire intime, des violences dans les relations amoureuses des jeunes, des violences à caractère sexuel, des violences dites basées sur l’honneur, des violences obstétricales, etc. Cette activité de mobilisation des connaissances réunit à la fois la communauté scientifique et la communauté de pratique afin que l’une et l’autre puissent alimenter leurs réflexions au sujet des violences faites aux femmes.
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