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JEAN ROGER ALPHONSE : Université d'Ottawa
Les futurs enseignants issus de l’immigration (FEII), inscrits dans un programme de formation initiale à l’enseignement dans une université canadienne, font face à de grands défis, au regard de leurs conceptions ancrées et de leurs représentations, qui sont liées à leurs systèmes de valeurs, et à leurs expériences et pratiques dans leur pays d’origine.
Pour s’insérer dans la profession enseignante au Canada, ils doivent repenser et réviser leurs systèmes de valeurs.
Notre principale question de recherche se formule comme suit: quelles sont les transformations constatées dans les représentations des FEII quant à leurs systèmes de valeurs en milieu scolaire franco-ontarien, à la suite de la mise en œuvre d’un dispositif de recherche?
Dans une double posture de chercheur, à la fois qualitative/interprétative et pragmatiste, nous avons utilisé une approche d’étude de cas multiples (Merriam, 1998; Stake, 2006). Des données ont été collectées auprès de sept FEII, à partir d'instruments et dispositifs contrastés, dont deux entretiens semi-directifs, deux cartes conceptuelles et des entrées de journal réflexif.
Les résultats ont révélé des changements dans les représentations des FEII, quant à leurs systèmes de valeurs en milieu scolaire franco-ontarien. Ces résultats peuvent contribuer à une prise de conscience sur la nécessité, pour les institutions universitaires de formation, de créer un environnement propice à l'apprentissage et à l’intégration sociale et professionnelle des FEII.
Si plusieurs institutions et organisations élaborent ou tentent d’appliquer divers programmes pour aider les personnels immigrants récents à s’intégrer socialement et professionnellement au sein de leur nouveau milieu de travail francophone, il n’en demeure pas moins que plusieurs d’entre elles peinent à recruter, à intégrer, à former et, surtout, à retenir ces ressources, souvent surspécialisées (Safi, 2006; Labelle, Field et Icart, 2007; Ferrand, 2008; Mulatris et Skogen, 2012; Nsangou, 2012; Asselin, 2014; Boulet, 2016).
Bouchard et Taylor (2008) prônent la mise en oeuvre d’accommodements raisonnables. Le nouveau gouvernement québécois proclame ajuster son plan d’immigration en vue de retenir les immigrants à long terme. Le plan d’action pour la Décennie internationale du rapprochement des cultures (2013-2022), adopté par le conseil exécutif de l’UNESCO en décembre 2014, considère que : « [l]a paix durable repose sur un écheveau complexe et fragile de valeurs, d’attitudes et de comportements intimement liés, requis pour l’application des traités internationaux ainsi que dans la vie quotidienne, pour la pratique du respect, de la tolérance, de l’ouverture d’esprit, de la compréhension mutuelle et du dialogue. Avant tout, le dialogue doit jouer un plus grand rôle dans le développement d’une conscience planétaire universelle, exempte de tout préjugé d’ordre racial, ethnique et social ».
Les gouvernements allemand, français, canadien, québécois, des institutions francophones et autres s’évertuent à adapter leurs politiques d’immigration, parfois envers les immigrants, parfois envers les réfugiés, voire envers les étudiants internationaux, en vue de les retenir pour répondre aux besoins socioéconomiques (Lévesque, 2016).
Ainsi, comment définir et mettre en place le concept de dialogue interculturel en vue d’intégrer et de retenir les immigrants récents dans les milieux de travail francophones?
Conférence d’ouverture du colloque le mardi 28 mai 2019 par M. Kamel Béji, titulaire de la Chaire de recherche sur l’intégration et la gestion des diversités en emploi (CRIDE, Université Laval)
Plénière de la journée du 28 mai 2019 par M. Paul Bélanger, directeur du Centre interdisciplinaire pour la recherche et le développement sur l’éducation et la formation tout au long de la vie (CIRDEF, UQAM)
Table ronde le mercredi 29 mai 2019 dès 13 h 30
Titre du colloque :