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Claudia Prévost : Université Laval
Entre 2009 et 2012, la ville de Québec a accueilli près de 1000 réfugiés originaires du Bhoutan. Nombre d’entre eux vivaient dans des camps de réfugiés au Népal depuis près de vingt ans, les plus jeunes y ayant même vu le jour. Pour ce groupe de réfugiés, en grande partie peu scolarisé, le processus d’adaptation à la société d’accueil se présentait comme un défi de taille, notamment en ce qui concerne l’apprentissage du français. Pour les organismes et institutions qui offrent des services d’alphabétisation et d’apprentissage du français, la venue de ces apprenants présentait également d’importants défis : les besoins étaient nombreux, la volonté d’apprendre était grande, alors que les ressources demeuraient limitées. Quelles stratégies ces services d’alphabétisation et d’apprentissage du français ont-ils mises en œuvre pour répondre à ces besoins ? Cette communication présente une partie des résultats d’une recherche doctorale portant sur le parcours social d’apprentissage du français de réfugiés d’origine bhoutanaise réinstallés dans la ville de Québec. L’analyse des propos recueillis auprès de 35 participants (15 réfugiés d’origine bhoutanaise, 20 personnes-ressource de la société d’accueil) donne à voir de quelles façons les organisations offrant des services d’alphabétisation et d’apprentissage du français se présentent comme des milieux de vie favorisant l’apprentissage du français, ainsi que le développement d’un sentiment d’appartenance envers la société d’accueil.
Ce colloque de l’ÉDIQ (Équipe de recherche en partenariat sur la diversité culturelle et l’immigration dans la région de Québec, www.ediq.ulaval.ca) examine les interactions complexes qui s’établissent entre les institutions en tant que systèmes d’organisation ayant des valeurs, des règles et des pratiques, et la population québécoise, qui est marquée par une diversité culturelle, linguistique et religieuse croissante. L’angle privilégié pour appréhender ces interactions est celui des stratégies mises en œuvre, à la fois par les institutions et par les individus, pour favoriser l’accueil et l’insertion des immigrants qui s’établissent dans les régions du Québec. D’une part, les études montrent l’existence de lacunes au sein des institutions et des structures locales responsables de l’accueil et du soutien à l’insertion professionnelle et sociale des nouveaux arrivants, et ce, malgré les politiques gouvernementales mises en œuvre et les ressources investies par certains milieux (Arsenault et Giroux, 2009; Vatz Laaroussi, Bernier et Guilbert, 2013). D’autre part, il appert que les projets individuels et familiaux dont les immigrants sont porteurs servent d’assises à l’élaboration de stratégies (partage de savoirs, d’informations, entraide dans les réseaux informels, retour aux études) visant à favoriser leur processus d’adaptation et d’insertion au sein de leur localité d’accueil (Guilbert, 2010; Vatz Laaroussi, 2009). Il s’avère pertinent de porter un regard transversal et multidisciplinaire sur la trajectoire migratoire des individus afin de mieux comprendre les logiques et les aspirations qui sous-tendent leurs projets ainsi que pour dresser la liste des obstacles et des appuis qu’ils rencontrent tout au long de leur parcours. Enfin, ces visées s’inscrivent dans une problématique plus large, soit celle de l’étude des interactions entre les institutions et les différents groupes qui composent la population, afin de mieux comprendre quels sont les nombreux facteurs qui influencent le rapport à l’autre, que celui-ci soit un Québécois natif ou issu de l’immigration. Ce colloque comporte quatre objectifs : 1) porter un regard multidisciplinaire sur les interactions qui se développent entre les institutions et la population dans les régions du Québec, notamment en matière d’accueil et d’accompagnement des immigrants; 2) favoriser le partage et la mobilisation des connaissances entre les chercheurs universitaires, les professionnels de l’intervention et les acteurs de terrain qui interagissent quotidiennement avec les immigrants et les réfugiés; 3) créer et consolider des liens entre chercheurs et partenaires de première ligne pouvant mener à l’élaboration de nouvelles collaborations et projets de recherche; et 4) formuler des recommandations visant l’élaboration de politiques sociales, de pratiques d’intervention et de services qui sont en adéquation avec les besoins spécifiques et changeants de cette population.
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