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Catherine Larouche : UQAC-Université du Québec à Chicoutimi
La typologie de Larouche et al. (2012) répertorie les différentes conceptions présentes dans les établissements d’enseignement supérieur (EES) en vue d’évaluer leur performance. Cette typologie comporte sept types (académique, service public, entrepreneuriale, marché, politique, milieu de vie, apprenante) définis en fonction de sept dimensions (valeurs et principes, système de gouvernance, stratégies, recherche, enseignement, modes d’évaluation et critères de performance). La typologie repose sur les postulats qu’à l’intérieur des établissements coexistent une pluralité de conceptions qui varient dans le temps, dans l’espace, selon des rythmes d’alternance et de prédominance, et en fonction des instances et des individus. La communication a pour objectif de rendre compte des tensions et des enjeux reliés à l’axe diversification vs différenciation relevés lors d’une recherche documentant l’utilisation de la typologie dans une université québécoise à l’occasion d’une démarche d’un comité d’autoaffirmation réagissant aux restrictions budgétaires substantielles imposées par le gouvernement. Ces restrictions s’inscrivent dans la mouvance de changements profonds que subissent les établissements d’enseignement supérieur, confrontés qu’ils sont à des réformes qui privilégient notamment le managérialisme et l’utilité économique au détriment de leur mission traditionnelle (Axelrod, 2002 ; Milley, 2016 ; Turk, 2008).
Au cours des dernières décennies, les systèmes et les établissements d'enseignement supérieur ont connu des changements profonds dans leur gouvernance et dans leurs pratiques, confrontés qu’ils sont à l’émergence de la société du savoir, aux développements démographiques, aux effets de la mondialisation, à la compétition accrue, au développement des technologies de l’information et à la fluctuation des conditions économiques (Dobbins, Knill et Vögtle, 2011). En fait, le rythme de changement de l’enseignement supérieur surpasse tout ce qui a été observé auparavant (Bruckmann, 2015).
Cette dynamique de développement sans précédent contraint les acteurs tant politiques qu’institutionnels à innover et à adapter leurs actions aux nouveaux contextes qui se mettent en place. Quelles que soient les orientations privilégiées ou les décisions prises, ces choix s’inscrivent dans un système de tensions où les réformes, les changements et les solutions peuvent être envisagés comme des équilibres à trouver entre les pôles des axes liant (Lee, 2005) : 1) la quantité et la qualité; 2) la diversification et la spécialisation; 3) la tradition et l’innovation; et 4) la dimension nationale et la dimension internationale.
Les questions que suscite ce thème sont nombreuses et interpellent tous les systèmes d’enseignement supérieur. Les participants à ce colloque seront invités à réfléchir aux effets de ces tensions, aux défis qu’elles induisent et aux stratégies à déployer pour en concilier les pôles : Comment ces tensions sont-elles vécues dans différents contextes professionnels et sociopolitiques? Comment les établissements répondent-ils à ces tensions en contexte de changements profonds? Comment s’assurer de l’adéquation des orientations privilégiées et de l’efficacité des actions mises en place? Quelles sont les évolutions qui sont à prévoir et comment s’y préparer?
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