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Cécile BULLE : UQAM - Université du Québec à Montréal
Face à l’urgence climatique des milliers de personnes souhaitent passer de la parole aux actes mais ne savent pas toujours par où commencer pour réduire la taille de leur empreinte environnementale. Les informations qui circulent dans l’espace public sont parfois contradictoires ce qui génère de la confusion et parfois de la démobilisation. Les citoyens ont besoin d’aide pour prendre de bonnes décisions environnementales au quotidien. De ce constat est né l’idée de créer des outils en tenant compte des spécificités québécoises (hydro-électricité, réalités régionales, climat, habitudes de consommation, etc.). Nous souhaitons développer des outils scientifiquement rigoureux tout en étant ludique et agréable à utiliser de manière à outiller la société québécoise. C’est dans ce contexte qu’est né le programme Boussole Durable qui rassemble un grand nombre d’acteurs universitaires, d’organisations et d’entreprises. Ces acteurs ont la volonté d’unir leurs efforts pour monter des projets ayant comme objectif d’œuvrer à la réduction de l’empreinte environnementale des québécoises. Le programme a deux objectifs principaux : 1) quantifier et informer l’individu québécois sur ses impacts environnementaux, et 2) l’accompagner dans l’adoption de comportements plus durables. Le développement d’un calculateur d’empreinte environnementale en utilisant des données adaptées à l’individu québécois selon une perspective cycle de vie est au cœur de ce programme.
Pour ne pas aggraver les effets des changements climatiques, tout en s’adaptant à ceux prévus, la communauté scientifique s’entend sur la nécessité de diminuer les émissions globales de CO2 de 45 % d’ici 2030 pour atteindre une neutralité carbone en 2050. Pour atteindre cet objectif, la compréhension des systèmes sociaux, économiques et environnementaux et de leurs interactions doit pouvoir se refléter dans les politiques publiques, économiques ou non, qui guideront cette transition. Une question centrale se pose : comment orienter l’économie québécoise afin de respecter les limites de la biosphère, de s’adapter aux changements climatiques et d’assurer une qualité de vie pour toutes et tous? Ce colloque mobilise des chercheurs qui mènent des recherches interdisciplinaires à l’intersection entre le développement économique et l’atteinte d’objectifs écologiques et sociaux. Ce colloque mettra en commun les recherches qui offrent des analyses et des réponses économiques pour alimenter les décisions politiques au Québec dans un contexte d’urgence climatique.
Thèmes abordés :
1. Les impacts des changements climatiques sur les systèmes socioécologiques. Les présentations porteront sur l’effet et les défis des changements climatiques sur les systèmes socioécologiques québécois tels que les milieux urbains, agricoles, forestiers et marins. Les communications discuteront les interactions entre les changements climatiques et les activités économiques au Québec, les conflits socioécologiques et les injustices climatiques présentes sur le territoire.
2. Les outils économiques, les politiques publiques et les solutions alternatives. Les présentations exploreront les solutions de rechange en matière de politiques publiques et de mécanismes économiques qui s’offrent à nous pour entreprendre une transition écologique. Les communications porteront sur les outils économiques, les cadres comptables, les mécanismes de compensation et de redistribution qui encourageraient des changements économiques respectueux des limites climatiques.
3. Les modèles de gouvernance et les institutions permettant une gestion adaptative. Le colloque vise à fournir un espace de réflexion portant sur les différentes épistémologies et connaissances qu’offrent diverses disciplines et les divers récits et constats sur les relations socioécologiques afin d’éclaircir les angles morts de la transition écologique. Dans ce sens, le troisième axe vise à discuter des changements institutionnels et de gouvernance nécessaires à l’arrimage des objectifs économiques, sociaux et environnementaux de la transition au Québec. Dans ce cadre sera encouragée une discussion portant sur les modèles de gouvernance qui permettraient de mieux s’adapter aux changements climatiques, sur le rôle des différents paliers institutionnels, sur les forces et les limites de la gouvernance adaptative, et ce, en tenant compte de la complexité des relations sociales et de la présence de relations de pouvoirs.