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Valérie Harvey : Université Laval
Une enquête qualitative exploratoire auprès d’une trentaine de pères travaillant en technologies de l’information (TI) a permis de constater que le père n’estime pas avoir la légitimité de discuter des semaines parentales, de facto attribuées à la mère. En fonction de la place qui lui est accordée lors du congé, le père peut avoir l’impression d’être inutile ou d’être un véritable partenaire. Au niveau de l’entreprise, les cinq semaines semblent être devenues une nouvelle norme au Québec et elles sont gérées comme des vacances annuelles, ce qui signifie que l’employé est rarement remplacé. Les pères qui prennent plus longtemps que le congé de paternité feront davantage de compromis avec leur employeur.
À leur retour au travail, il peut être difficile pour le père de reprendre le même rythme qu’auparavant, d’être présent aux mêmes heures que les autres, d’accepter les heures supplémentaires. Les pères ont tendance à devoir s’absenter plus souvent, à prendre des responsabilités parentales qui les obligent à quitter plus tôt et certains ont témoigné avoir eu l’impression d’être déclassés. Certains ont quitté leur emploi pour trouver un rythme qui s’accordait mieux avec leur réalité familiale. Ainsi, dans le Québec d’aujourd’hui, le père n’est pas interchangeable avec la mère, cherchant sa place, entre l’impression d’être inutile et celle d’être un partenaire essentiel.
Le Régime québécois d’assurance parentale (RQAP) est né en 2006 d’un consensus social fort provenant des mouvements féministe, syndical et communautaire qui étaient en réaction aux dispositions du Régime d’assurance-emploi fédéral. On déplore alors que ce régime, axé sur la gestion du chômage, n’est pas conçu pour assurer aux travailleurs québécois les conditions adéquates à la prise d’un congé de maternité ou parental : l’accessibilité limitée de même que le faible niveau de remplacement de revenu sont au cœur des enjeux soulevés. Treize ans plus tard, le RQAP est à maturité! Déjà, plusieurs retombées économiques et sociales intéressantes, parfois même inattendues, ont pu commencer à être observées et documentées.
Pour le Conseil de gestion de l’assurance parentale (Conseil de gestion), le régime entre dans une nouvelle ère où l’on peut maintenant faire le bilan de ses retombées afin de le rendre plus performant au regard de ses fondements et de s’assurer qu’il demeure en phase avec les besoins évolutifs de la société.
La pertinence de dresser un bilan des connaissances acquises et de réfléchir à l’évolution du RQAP est donc d’actualité. Cette réflexion doit cependant être réalisée de façon responsable et prévoyante, en prenant en considération les besoins des prestataires, tout en veillant à l’intérêt des cotisants. C’est dans cette optique que le Conseil de gestion, comme il est de sa compétence d’effectuer, ou de faire effectuer, des recherches en assurance parentale, présente un colloque qui regroupe les chercheurs du domaine social et économique qui s’intéressent au sujet. En outre, une telle réflexion permet de mieux soutenir l’organisation dans l’évolution de ce régime.
Titre du colloque :