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Vie et métaphysique : la critique diltheyenne de la Vernunftwissenschaft grecque

JA

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Jean-Christophe ANDERSON : Université d'Ottawa

Résumé de la communication

Les développements que réserve Dilthey au problème de la métaphysique sont généralement associés au versant négatif, ou critique, d’une entreprise qui serait, elle, résolument positive (fondation des sciences de l’esprit, herméneutique historique, philosophie de la vie, etc.). Les limites de cette interprétation se manifestent à notre avis dans son incapacité à rendre compte de la profondeur du dialogue que Dilthey a toujours entretenu avec le passé métaphysique de l’humanité. Si Dilthey n’hésite pas, dans plusieurs de ses travaux, à qualifier de « périmé » tout effort métaphysique, il n’en demeure pas moins qu’il se rapporte de manière récurrente aux différents systèmes métaphysiques comme à une sorte d’indépassable « patrie spirituelle» (B. Groethuysen, Introduction à la pensée philosophique allemande, 45). Il s’agira pour nous de mettre au jour l’ambiguïté qui caractérise le traitement diltheyen de la métaphysique à partir des analyses consacrées, dans le second livre de l’Introduction aux sciences de l’esprit, à la naissance de la métaphysique grecque ainsi qu’à l’élaboration du système aristotélicien – «l’œuvre la plus grandiose du monde antique » (GS VIII, 213). En rapportant les catégories métaphysiques grecques à leurs sources vivantes, c'est-à-dire à l’expérience qui les sous-tend, Dilthey croit pouvoir venir à bout de tout atavisme métaphysique et, d’un même geste, préparer un succédané qui serait à la hauteur des ambitions originaires de cette métaphysique.

Résumé du colloque

Dès l’Antiquité, le dialogue déploie des implications morales, politiques et épistémologiques. Et depuis lors, il est demeuré un élément essentiel du paysage philosophique, autant comme pratique que comme objet de réflexion. Le dialogue a gagné en importance depuis le 20e siècle (on peut penser à Gadamer, à Ricœur, à Taylor, à Habermas, à la philosophie pour enfants, à l’éthique appliquée…), peut-être même une importance théorique proportionnellement inverse à ce qui semble aujourd’hui être sa faillite pratique dans l’espace public. À l’ère de la polarisation des opinions, le dialogue semble en effet de plus en plus difficile.

La notion de dialogue soulève de nombreuses questions qui concernent notamment sa définition, sa pratique, son importance dans la recherche de la vérité et ses conditions de possibilité. Ainsi, la réflexion sur le dialogue peut se déployer tant sur le plan métaphysique, épistémologique, politique qu’éthique. On pourrait s’intéresser à l’enseignement même de la philosophie, que plusieurs considèrent comme fondamentalement dialogique, ainsi qu’à son avenir quant à l’arrivée des nouvelles technologies et des offres de cours en ligne. On pourrait aussi s’intéresser aux grands dialogues entre philosophes qui ont marqué l’histoire de la philosophie ou aux dialogues que la philosophie a entretenus avec les autres sciences (humaines, pures, de la nature, de la santé…). Le dialogue entre les disciplines pourrait soulever des questions analogues à celui entre les étrangers, concernant notamment l’importance d’une langue commune aux interlocuteurs. Et qu’en est-il du dialogue interculturel ou interreligieux? Comment penser le dialogue entre les États, voire entre les individus, qui entretiennent des rapports de pouvoir asymétriques ou des rapports de domination? À l’instar de Platon, on pourrait aussi se questionner sur la possibilité du dialogue entre la personne qui sait et celle qui ne sait pas, entre la philosophie et le peuple.

Contexte

section icon Thème du congrès 2019 (87e édition) :
Engager le dialogue savoirs – sociétés
section icon Date : 28 mai 2019

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