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Thomas Collombat : UQO - Université du Québec en Outaouais
Les organisations syndicales régionales (OSR), qui rassemblent les syndicats locaux d’une même ville ou d’une même région, sont parmi les plus anciennes structures interprofessionnelles du mouvement ouvrier. À ce titre, elles représentent des espaces privilégiés de construction et de défense des intérêts de classe, allant au-delà des divisions de métiers ou d’industries. Pourtant, les OSR québécoises (soit les conseils régionaux de la FTQ et les conseils centraux de la CSN) sont très peu traités dans la littérature scientifique et souvent ignorées au sein même du mouvement syndical. Cette communication vise à identifier dans quelle mesure ces structures peuvent contribuer à la revitalisation du syndicalisme, en particulier sur le plan de ses orientations et actions d’ordre politique. À travers une étude comparée des deux principales centrales québécoises dans trois régions (Montréal métropolitain, Outaouais, Abitibi-Témiscamingue), nous identifierons les points communs et différences entre ces OSR ainsi que les obstacles et possibilités qui s’offrent à elles en termes de construction et de défense d’une identité de classe. Cette réflexion nous apparaît d’autant plus nécessaire dans le contexte de changements politiques nuisibles à l’action collective et aux revendications traditionnelles du mouvement ouvrier.
Les changements politiques contemporains se manifestent par la promotion de modes d’action publique qui mettent au second plan le rôle régulateur de l’État et le dialogue avec la société civile organisée, tout en mettant à l’épreuve la solidarité et la cohésion sociales. Si les innovations sociales sont souvent nées dans de telles configurations, ces contraintes représentent néanmoins des défis de taille tant pour les praticien-ne-s que pour les chercheur-se-s. La capacité des innovations sociales à conduire à des transformations sociales et à de l’action publique, ou à constituer une forme de résistance à l’effritement du lien social, est ainsi de nouveau remise en question. Le but de ce colloque est de comprendre comment l’arrimage recherche-terrain permet aux acteurs de se repositionner dans un environnement en mutation et de produire des connaissances et des pratiques transformatrices. Ces défis se déclinent sur plusieurs plans :
- L’économie sociale et les autres organisations collectives sont interrogées sur leur capacité de développer une action autonome et sur leur rapport à un État qui semble moins porté vers les modèles à but non lucratif qu’il l’a déjà été.
- Les territoires, dont les instances de concertation et de développement, souvent mises à mal par les nouvelles orientations politiques, doivent trouver de nouvelles avenues pour préserver les solidarités, assurer une transition écologique et penser leur développement social.
- Le travail et ses acteurs subissent ces changements à travers la déstabilisation tant du statut salarial que des institutions syndicales.
Ces questions conduisent à s’interroger sur les pratiques et sur le rôle des établissements d’enseignement supérieur comme miroir critique et comme incubateur d’innovations sociales. Ce colloque invite également à analyser l’action spécifique de ces « passeurs » et « opérateurs » du dialogue savoirs-société, qu’ils soient assimilés au domaine universitaire ou à la pratique sociale.
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