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Élie Beauchemin : UQTR- Université du Québec à Trois-Rivières
Cette communication propose d’explorer la notion de vulnérabilité dans une perspective du rapport à soi-même, en vue de poser la question des conditions de possibilité de l’authenticité ou de l’honnêteté vis-à-vie de soi. Pour ce faire, je m’intéresserai d’abord à la thèse avancée par Carol Gilligan dans Joining the Resistance (2011), faisant état d’une tension entre une part de l’identité humaine relationnelle («caring») et le type de subjectivité prescrite par les normes patriarcales, à partir de laquelle s’opérerait un processus de dissociation. Je proposerai d’approfondir la thèse de Gilligan selon laquelle la dissociation constitue un mécanisme psychique servant une fonction adaptative au niveau social et culturel. En m’appuyant sur son intuition d’un soi divisé, selon laquelle une part fondamentalement vulnérable de l’identité est refoulée, je poursuivrai en montrant comment les notions d’ignorance épistémique de la vulnérabilité développée chez Erinn Gilson et d’opacité du sujet chez Judith Butler viennent éclairer les mécanismes psychologiques qui sous-tendent la formation de ce qu’elles appelle la «subjectivité invulnérable», et président à ces processus de dissociation. Il s’agira ici de présenter comment ces deux auteures offrent une compréhension de la vulnérabilité et du rapport à soi qui soit complémentaire à l’éthique du care de Gilligan, qui permette à la fois de penser le soi comme d’emblée affecté et les implications sur ce que signifie être «authentique».
Dès l’Antiquité, le dialogue déploie des implications morales, politiques et épistémologiques. Et depuis lors, il est demeuré un élément essentiel du paysage philosophique, autant comme pratique que comme objet de réflexion. Le dialogue a gagné en importance depuis le 20e siècle (on peut penser à Gadamer, à Ricœur, à Taylor, à Habermas, à la philosophie pour enfants, à l’éthique appliquée…), peut-être même une importance théorique proportionnellement inverse à ce qui semble aujourd’hui être sa faillite pratique dans l’espace public. À l’ère de la polarisation des opinions, le dialogue semble en effet de plus en plus difficile.
La notion de dialogue soulève de nombreuses questions qui concernent notamment sa définition, sa pratique, son importance dans la recherche de la vérité et ses conditions de possibilité. Ainsi, la réflexion sur le dialogue peut se déployer tant sur le plan métaphysique, épistémologique, politique qu’éthique. On pourrait s’intéresser à l’enseignement même de la philosophie, que plusieurs considèrent comme fondamentalement dialogique, ainsi qu’à son avenir quant à l’arrivée des nouvelles technologies et des offres de cours en ligne. On pourrait aussi s’intéresser aux grands dialogues entre philosophes qui ont marqué l’histoire de la philosophie ou aux dialogues que la philosophie a entretenus avec les autres sciences (humaines, pures, de la nature, de la santé…). Le dialogue entre les disciplines pourrait soulever des questions analogues à celui entre les étrangers, concernant notamment l’importance d’une langue commune aux interlocuteurs. Et qu’en est-il du dialogue interculturel ou interreligieux? Comment penser le dialogue entre les États, voire entre les individus, qui entretiennent des rapports de pouvoir asymétriques ou des rapports de domination? À l’instar de Platon, on pourrait aussi se questionner sur la possibilité du dialogue entre la personne qui sait et celle qui ne sait pas, entre la philosophie et le peuple.
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