Veuillez choisir le dossier dans lequel vous souhaitez ajouter ce contenu :
Membre a labase
Marie Toullec-Théry : Nantes Université
Les demandes internationales incitent aujourd’hui à une école pour tous. Des dispositifs récents voient le jour en France, ils partagent, pour certains, le souci de connecter les temps et les lieux d’enseignement-apprentissage des élèves. Ces derniers, jusque lors, pouvaient en effet être engagés dans différentes institutions d’apprentissage, sans articulation avec les savoirs communs à tous. Or, la constitution de systèmes parallèles entraine une déconnexion des temps didactiques qui mène souvent à une exclusion de l’intérieur, dans la mesure où la transférabilité des savoirs entre deux institutions (la classe et un groupe d’aide par exemple), est difficile. En effet, les élèves avec des difficultés ont du mal à savoir quand utiliser les savoirs nouveaux et, de plus, des lieux d'enseignement différents peuvent provoquer une perte de contenus d'apprentissage.
Notre enjeu, dans cette communication, est de décrire et analyser une pratique effective en Education Physique et Sportive (EPS) avec des élèves de 4esecondaire où, à certains moments de la séquence, un atelier est mis en œuvre spécifiquement pour des élèves avec des troubles cognitifs, soutenus par une Unité Localisée pour l’inclusion Scolaire (ULIS). Quelles sont les conditions nécessaires pour conserver un temps didactique commun entre des élèves de classe ordinaire et des élèves soutenus par une ULIS, quand il existe un temps de co-intervention (un temps dissocié, mais articulé avec les savoirs communs) ?
À l’échelle internationale, l’adoption de différentes politiques inclusives presse les milieux scolaires à adapter ou à transformer les méthodes d’enseignement et d’apprentissage pour tenir compte des besoins de tous les élèves dans leur diversité (UNESCO, 2015). Au Québec, de nombreuses mesures budgétaires gouvernementales ont ainsi été injectées dans le milieu scolaire pour soutenir les enseignants et venir en aide aux élèves en difficulté. Ces mesures se sont traduites par l’embauche, principalement au primaire, d’orthopédagogues et d’éducateurs spécialisés, alors qu’au secondaire c’est plutôt le dégagement d’enseignants titulaires pour assumer des fonctions d’enseignant-ressource ou de soutien, ou de mesures probantes pour une partie ou la totalité de leur tâche. Or, il appert que malgré l’ajout de ces personnels, le milieu scolaire contribue encore difficilement à structurer l’organisation des services offerts aux élèves à risque ou HDAA (Commission des droits de la personne, 2018).
Ce colloque convie les acteurs scolaires, qui s’investissent dans la mise en œuvre de pratiques probantes ou innovantes en enseignement secondaire, à venir présenter leurs travaux de recherche et/ou d’intervention auprès des élèves et de leurs enseignants. Il s’agit de mettre à jour les défis qu’ils vivent et les pistes d’actions contribuant à une organisation du service à l’élève qui rallient les équipes-écoles autour d’une vision commune. En ce sens, la complexité de l’organisation des services à l’élève est examinée sous un angle systémique convoquant à la fois les chercheurs et leurs partenaires de recherche en milieu scolaire afin que se dégage une vision à la fois globale et précise des enjeux pour lesquels la collaboration est nécessaire en éducation.
Thème du colloque :