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Louise Lavictoire : UQAT - Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue
Les préjugés liés à la pauvreté, notamment en milieu scolaire, représentent une problématique à laquelle le système éducatif doit faire face. Ce phénomène dénoncé par ATD Quart Monde et documenté, entre autres, par Luyts, Sarrot et Zimmer (2015) a conduit à des questionnements sur des actions concrètes à mener tels que : comment mobiliser le potentiel du sensible pour l’éveil à la sollicitude ? quelles stratégies éducatives pour activer le sens de l’équité sociale ? À cet effet, notre expérience de terrain réalisée auprès de jeunes dans des établissements scolaires en Abitibi-Témiscamingue a fait l’objet d’une étude préliminaire visant à observer, chez des élèves du premier cycle du secondaire, la capacité d’intégrer la notion du vivre-ensemble dans une perspective d’égalité sociale entre les individus. Notre communication montre comment l’animation théâtrale permet d’amorcer une déconstruction des préjugés liés à la pauvreté. Cette première phase de recherche nous a conduite à l’intention de documenter et conceptualiser un modèle éducatif aidant à combattre les préjugés sociaux, modèle que nous pensons axer sur la sollicitude et l’art du care (Ramade, 2018) où l’artiste-intervenante aura le rôle de « facilitateur » (Dubé, Lamoureux, 2018).
Cette rencontre invite à porter un nouveau regard sur l’art qui, pour citer Anne Cauquelin, ne se limite pas à ce que la doxa nous présente comme tel, mais revendique haut et fort son rôle d’acteur public pleinement impliqué dans les débats sociétaux. En effet, l’art à l’époque moderne sort de la période historique durant laquelle la société ne voulait voir en lui qu’un agrément : il est devenu un moyen de connaissance et d’action (Ardenne, 2009; Lamoureux, 2005; Lamoureux et Uhl, 2018), abordant diverses questions socialement vives : équité, diversité, antiracisme, pluralisme, humanisme… Par cette ouverture, les arts permettent le développement des compétences sociales (Winner, Goldstein et Vincent-Lancrin, 2014) et participent à la formation du citoyen (Kerlan, 2014; Lauret, 2014; Liot, 2010). Cette évolution du paradigme de l’art donne une importance cruciale aux recherches portant sur l’impact que l’enseignement artistique et culturel peut avoir sur les transformations sociales : sa vocation est bien de servir d’outil pour l’éducation à l’inclusion, à la santé, à la démocratie, à l’environnement, etc. Le besoin d’un engagement collectif en ce sens est clairement exprimé par les attentes envers l’éducation, et aussi constaté à travers les finalités de plusieurs programmes de formation (voir par exemple les quatre arts dans PFEQ, chapitre « Relations avec les domaines généraux de formation »). Dans la continuité de ces idées, le colloque est consacré à une thématique de recherche émergente considérant l’art comme vecteur et/ou porteur d’un questionnement sociétal; il se situe au point de rencontre de trois champs de réflexion et/ou d’action : les arts, les enjeux sociétaux et les pratiques de formation ou éducation.
Titre du colloque :