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Apprendre les sciences à l’extérieur, une alternative pour favoriser le transfert des apprentissages

JA

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Jean-Philippe Ayotte-Beaudet : Université de Sherbrooke

Résumé de la communication

À l’école, les apprentissages servent généralement à maximiser la réussite des élèves lors des évaluations (Carrier et coll., 2014). Il est par contre légitime de se demander ce que les élèves retiennent réellement lorsqu’ils se retrouvent dans des situations non scolaires. Par exemple, un élève qui apprend à définir le concept d’écosystème est-il en mesure d’observer et de reconnaitre par lui-même certaines interactions entre des espèces d’un écosystème qui lui est déjà familier? Une recension de la littérature scientifique de Custers (2010) suggère en fait que les élèves retiendraient moins de la moitié de ce qu’ils ont appris deux ans plus tôt à l’école. Il semble donc essentiel de trouver des moyens pour favoriser des apprentissages plus pérennes et de meilleure qualité. Pour résoudre une partie de ce problème, l’école devrait accorder davantage d’importance au transfert des apprentissages, c’est-à-dire l’utilisation des apprentissages scolaires dans de nouvelles situations (Sasson et Dori, 2015). L’école alternative, centrée sur l’élève et les occasions d’apprentissages, semble toute désignée pour favoriser davantage le transfert des apprentissages, notamment par l’utilisation des milieux à proximité de l’école. Cette présentation explorera donc la notion de transfert des apprentissages d’un point de vue théorique et présentera ensuite des exemples concrets en sciences qui pourraient inspirer l’école alternative.

Résumé du colloque

Dès la fin du XIXe siècle, la volonté de dépasser la tradition pédagogique en place dans les institutions scolaires engendre le mouvement des écoles nouvelles, porté par de grands pédagogues tels que Tolstoï, Dewey, Montessori, Ferrer, Claparède, Neil et Freinet. Au Québec, le mouvement des écoles alternatives apparaît au sein du système scolaire public à l’ouverture de l’école Jonathan en 1974 (RÉPAQ, 2008). Parallèlement, la pratique millénaire de l’apprentissage en famille (homeschooling) prend de l’expansion en Amérique du Nord et en Europe depuis la seconde moitié du XXe siècle (Gaither, 2008).

Aujourd’hui, en France, les écoles nouvelles connaissent un regain d’intérêt (Viaud, 2017). Les enseignants des écoles publiques sont de plus en plus nombreux à déclarer utiliser les pédagogies « nouvelles » : ils intègrent la pédagogie Montessori au sein d’écoles maternelles; ils appliquent la pédagogie coopérative (Freinet) dans leur classe; ils œuvrent dans des écoles membres de la Fédération des établissements scolaires publics innovants. Au Québec, le Réseau des écoles publiques alternatives témoigne également d’un nouvel élan, une vingtaine de projets de nouvelles écoles s’ajoutant aux 45 établissements existants (Conseil supérieur de l’éducation, 2016; Pion, 2016). De plus, la popularité grandissante de l’apprentissage en famille pousse les gouvernements à revoir leur législation pour préciser le rôle des instances publiques eu égard à cette forme d’éducation, notamment en France en 2016 (décret n° 2016-1452), au Québec en 2017-2018 (projet de loi no 144 et décret 644-2018) et en Suisse, où le canton de Vaud a récemment annoncé cette intention (Rippstein, 2018).

Encore peu étudiés dans la francophonie, ces mouvements éducatifs alternatifs doivent être mieux connus, compris et scientifiquement appuyés. En effet, ils soulèvent plusieurs questions pédagogiques, sociales et de gouvernance. De plus, leur étude présente des défis conceptuels et méthodologiques particuliers.

Contexte

section icon Thème du congrès 2019 (87e édition) :
Engager le dialogue savoirs – sociétés
section icon Date : 29 mai 2019

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