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Véronique Audet : UQAC-Université du Québec à Chicoutimi
Les expressions artistiques permettent souvent un rapprochement et une compréhension, notamment interpersonnel(le)s et interculturel(le), à la fois intellectuel(le) et sensible, qui va au-delà du texte objectif ou scientifique. Ils ont le pouvoir de toucher les cœurs, les corps et les esprits et de les engager dans une expérience commune, partagée. Les arts autochtones comme la littérature orale et écrite, les chansons et musiques, les arts visuels, les pratiques d’artisanat, le théâtre, le cinéma et les performances, créés, (re)produits, transmis, diffusés et partagés, participent ainsi au rayonnement des Autochtones dans la société. Par leurs œuvres, les artistes autochtones engagent le dialogue entre Autochtones de différentes origines et avec les autres citoyen(ne)s (et non-citoyen(ne)s); ils et elles permettent une compréhension et une reconnaissance plus grandes de leur existence et de leurs réalités. Ce qui, j’ose croire, est une clé indéniable pour s’engager sur la voie de la (ré)conciliation à la suite de méfaits historiques et d’un meilleur vivre ensemble. Je présenterai des exemples d’événements, d’initiatives et d’œuvres autochtones qui ont permis ce dialogue, cette compréhension interculturelle et la transformation des consciences, du moins le temps de ces moments de rencontre et de partage des sensibilités.
L’année 2019 est déclarée « année internationale des langues autochtones » par l’ONU. Cette initiative fait écho à sa résolution sur les droits des peuples autochtones ainsi qu’aux valeurs de l’UNESCO et à sa mission éducative via l’Agenda 2030. Elle vise « la protection des droits humains, la consolidation de la paix et du développement durable, en assurant la diversité culturelle et le dialogue interculturel » (ONU, 2016). Dans ce contexte mondial, et en écho au thème du Congrès 2019 de l’ACFAS, deux Chaires UNESCO organisent un colloque conjoint sous le signe de l’éducation transformatoire par le dialogue : la Chaire UNESCO en « transmission culturelle chez les premiers peuples dans une dynamique de mieux-être et d’empowerment » (TCPPDMEE) de l’UQAC et la Chaire UNESCO en « démocratie, citoyenneté mondiale et éducation transformatoire » (DCMÉT) de l’UQO. L’Outaouais est fortement marqué par la présence autochtone, dont celle des Algonquins qui, d’ailleurs, n’ont jamais cédé leur souveraineté sur ce territoire. À Gatineau, le musée de l’histoire est l’œuvre de l’architecte autochtone Douglas Cardinal. Des initiatives témoignent de la transformation des relations entre Autochtones et Allochtones dans plusieurs domaines : arts, éducation, littérature, gouvernance, mouvements sociaux et médias. Or, on constate actuellement une forte résistance (populaire, politique et médiatique) face à la diversité. Des discours xénophobes sont exprimés ouvertement contre les peuples autochtones, les communautés racisées et les mouvements migratoires. Notre but est d’aborder ces enjeux liés à la persistance systémique des racismes, des colonialismes, des injustices et des inégalités sociales. Le colloque réunira divers acteurs sociaux, autochtones et allochtones, pour un dialogue contre-hégémonique mené dans un esprit de conciliation, sur la diversité des identités et des citoyennetés, selon trois axes thématiques : langues et cultures, savoirs et pratiques de transmission, et mouvements sociaux.
Titre du colloque :