Veuillez choisir le dossier dans lequel vous souhaitez ajouter ce contenu :
Membre a labase
Nicole Morgan : Collège Canada
En Novembre 2018, un groupe de réflexion international composé de scientifiques et d'économistes du Club de Rome, bien connu pour la publication dès 1972, de « Limits of Growth » a proposé lors d'un colloque organisé avec deux autres ONG, We Don't Have Time et Global Utmaning d’adopter les propositions de la FAO en faveur d'une agriculture intelligente face au climat. Cela va du soutien à l'initiative française "4 pour mille" pour inciter les agriculteurs à la transition vers des pratiques durables, à des investissements triplés en faveur de la reforestation de pays en développement, pour que ces forêts, véritables boucliers contre l'emballement climatique, apportent leur contribution essentielle au bien-être de la planète et de l'humanité. Cette communication examinera les lignes de force, les enjeux, les intérêts, les limites voire les revers de cette proposition « d’agriculture intelligente », tout en insistant sur un élément essentiel mais trop souvent absent de la réflexion, à savoir les nombreux impacts de l’alimentation industrielle sur les corps humains et les cultures dans lesquelles elle s’inscrit et détruit. Nous situerons cet aspect à partir d’une analyse anthropologique sur la longue durée, tentant ainsi d’échapper à l’urgence de la pensée pour penser davantage à l’urgence de l’essentiel autour duquel s’articule toutes les urgences, à savoir nourrir le corps et la pensée.
Devant les crises enchevêtrées du climat, de la biodiversité et des extrêmes climatiques ouvrant de menaçants horizons d’emballement des grands cycles biogéochimiques de la planète, quelles sont les recherches, les politiques et les stratégies démocratiques à privilégier pour réduire, d’urgence, l’empreinte énergétique et agroalimentaire? L’érosion accélérée de la biodiversité conduisant à notre fulgurante entrée dans la sixième extinction de la planète, ponctuée par une réduction de 60% des populations d’espèces sauvages en 45 ans (WWF, 2018), témoigne à la fois des impacts des énergies fossiles, de ceux de l’industrie agroalimentaire et de leurs interrelations. Si la limitation draconienne des énergies carbonées au profit d’énergies alternatives s’impose alors d’évidence, s’imposent également de sérieuses remises en question des modèles agroalimentaires dominants. Mais de telles transformations exigent de solides analyses des enjeux socioéconomiques et politiques afin d’élaborer des stratégies de transition viables, réalistes et démocratiques doublées de politiques appropriées. Comment amorcer des transitions d’une telle ampleur sans un véritable travail de mise en démocratie, permettant d’inscrire ces enjeux à l’intersection des sphères du savoir, de la gouvernance, de l’innovation scientifique et sociale ainsi que des pratiques et usages des citoyens. C’est sous un double éclairage France-Québec, de recherches menées d’une part sur la transition énergétique, notamment dans les filières de l’éolien et de l’hydrogène, par les chercheurs du programme, TETHYS (transition énergétique, territoires, hydrogène et société), financé par l’Agence nationale de la recherche (ANR) en France et menées d’autre part sur la transition agroalimentaire par des équipes du CREPPA de l’UQAM, le Collectif de recherche écosanté sur les pesticides, les politiques et les alternatives, une équipe FQRSC, que se déploieront les réflexions croisées de ce colloque.
Les menaces d’écocide, accélérées par la flambée sans précédent des écarts socioéconomiques, amplifiées par la montée en puissance de régimes politiques autoritaires, procarbone voire climatosceptiques, et par une concentration inégalée de l’agroalimentaire, imposent une réflexion approfondie, sur le plan autant de la recherche que des politiques, sur les exigences de renouvellement démocratique des transitions énergétiques et agroalimentaires. C’est ce qu’entend explorer ce colloque, réunissant sous un même chapeau, lors d’une ouverture commune élargie, ces équipes liées par une entente cadre UQAM-UNICAEN. Ces questions seront ensuite déclinées par l’équipe françaises ANR (Normandie-Bourgogne projet hydrogène et démocratisation de la transition), et par l’Équipe québécoise du CREPPA. Ce colloque, sous les auspices de la Commission canadienne pour l’UNESCO et de l’Agence nationale de la recherche en France, accueillera des invités de marque, notamment d’instances de recherche françaises, québécoises et canadiennes, et du Club de Rome.
Titre du colloque :