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Comment comprendre les manifestations de la transe dans le vodoun et dans les groupes de prière méthodistes du Bénin aujourd'hui ?

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DOSSOU DAVID DOSSOU : Université Laval

Résumé de la communication

En Afrique, la transe est vue comme la manifestation d’une divinité qui prend possession d’un individu. Notons qu’il n’y a presque jamais de transe sans rite. Ce phénomène s’est invité dans les pratiques spirituelles des fidèles de l’Église Protestante Méthodiste du Bénin ces dernières décennies. Considérée comme « un héritage d’un autre temps » selon B. Schasseur, sa pratique a entraîné de graves tensions au sein de cette Église. Pour les uns, la transe relève des pratiques bibliques et concourt au salut de l’homme. Les autres la voient plutôt comme une pratique diabolique, rétrograde qui mérite d’être combattue, opposant ainsi la transe chrétienne et la transe connue dans les religions africaines. Ce schéma dualiste recouvre généralement des jugements de valeur sur le rôle que jouent les rituels dans le processus qui conduit à la possession d’un individu par l’esprit. Marc-Eric Gruénais donne une différence entre la manifestation de la transe dans les religions africaines et dans les Églises chrétiennes. Agboton A.M. Gaston et Rouget Gilbert précisent les rituels qui conduisent à ce phénomène. Une étude comparative des rites qui suscitent « la transe culturelle » et « la transe chrétienne » nous permettra d’apporter un éclairage sur la question.

Résumé du colloque

On ne pense pas à l’Afrique sans imaginer ses rites, symboles, danses, marquages corporels, sacrifices, récits, rythmes, musiques et chants. Cette altérité exotique est le lieu de production d’un imaginaire présent déjà chez les premiers voyageurs au XVIe siècle.

L’Afrique apparaît sur les cartes mondiales sous la domination européenne, depuis le XVe siècle. Dans ce contexte, les esclaves noirs expatriés en Amérique du Sud réinventent la terre de leurs ancêtres et, avec elle, les croyances et les rites.

Au XIXe siècle, les missionnaires européens, convaincus de la « pureté » surnaturelle des traditions chrétiennes, y ont vu les rites d’une religion « naturelle », considérée tantôt comme « primitive » ou « naïve », tantôt comme « pervertie » et « maléfique ». De leur côté, les anthropologues ont vu dans l’exubérance rituelle africaine une occasion d’entrer en contact avec les origines perdues du symbolisme et d’étudier des sociétés prémodernes. À l’opposé des missionnaires, les anthropologues voulaient retrouver une société plus innocente et éloignée de tout ajout culturel. Si ces deux entreprises semblent par moment s’éloigner dans leurs objectifs, elles ont en commun de renvoyer vers la problématique de l’Afrique rituelle.

Au XXe siècle, dans la ligne des mouvements de décolonisation, protestants et catholiques entament l’« africanisation » de leurs liturgies. Sur le plan politique, le nativisme culturel ou la proclamation de l’authenticité des us, coutumes et rituels locaux d’un pays a souvent servi de terrain pour légitimer l’autorité et le pouvoir locaux.

De nos jours, l’attrait des primitivismes pousse bon nombre de touristes mystiques vers l’Afrique en quête d’expériences rituelles. De même, les diasporas africaines se font porteuses de processus de mondialisation des rites religieux, relayés notamment par le pentecôtisme, montrant que la déterritorialisation (Deleuze) des ensembles culturels s’opère à travers les individus et non les civilisations (Bastide).

Contexte

section icon Thème du congrès 2019 (87e édition) :
Engager le dialogue savoirs – sociétés
news icon Thème du colloque :
L’Afrique des rites
section icon Date : 29 mai 2019

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Titre du colloque :

L’Afrique des rites

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Thème du colloque :

L’Afrique des rites