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Françoise Boch : Université Grenoble Alpes
L’objectif de notre contribution est d’alimenter la réflexion sur la question complexe et relativement peu explorée de l’évaluation de la compétence lexicale. Une première étude (Boch, Sorba et Bessoneau, 2017) a identifié, au sein de la rubrique « lexique » d’un test en compétences rédactionnelles, les points de réussite et d’échec d’une population d’étudiants. Ces résultats nous ont conduits à dégager des critères éclairant notamment le choix des unités lexicales à tester.
À partir du même test, soumis en 2018 à une nouvelle cohorte de 157 étudiants de 1re année en Sciences humaines, nous poursuivons ici la réflexion par une étude visant cette fois les réponses incorrectes choisies par les étudiants dans les questions à choix multiple : lorsqu’ils ne cochent pas la bonne réponse, quelles sont celles qui les attirent massivement? Ces choix de réponses incorrectes correspondent-ils à l’intuition qu’on peut en avoir, en tant que linguistes et didacticiens? Quelles nouvelles connaissances nous apportent-ils sur la conception des réponses incorrectes?
Cette étude descriptive des pratiques des étudiants en situation d’évaluation nous conduit à mieux cerner la nature des distracteurs effectivement à l’œuvre dans un test évaluant la compétence lexicale, et, sur un plan plus concret, à améliorer la conception de tests de ce type.
Le vocabulaire joue un rôle majeur dans la réussite scolaire (Biemiller, 2011), non seulement en français, mais aussi dans les autres disciplines. La section Lexique de la Progression des apprentissages (MELS, 2009), de même que la liste orthographique pour le primaire (MELS, 2014) soulignent d’ailleurs une volonté ministérielle de valoriser l’enseignement du lexique au Québec. Les instructions officielles en France et en Belgique font elles aussi une large part à la question du lexique. Paradoxalement, le vocabulaire continue d’être peu enseigné au primaire et au secondaire (Dreyfus, 2004; Anctil, 2011), ce que confirment les résultats de récentes recherches portant respectivement sur les pratiques d’enseignement du vocabulaire au primaire (Anctil, 2018) et sur l’utilisation du dictionnaire par les enseignants du primaire et du secondaire (Tremblay, 2018). De plus, malgré le fait que ce volet de l’enseignement de la langue intéresse de plus en plus les didacticiens, les recherches menées en contexte francophone demeurent éparses et les publications scientifiques en français sur ce sujet sont relativement peu nombreuses (Nonnon, 2012). En ce sens, il nous paraît important de favoriser la mise en commun des travaux en didactique du lexique à l’intérieur d’une rencontre scientifique régulière réunissant des chercheurs québécois et européens, comme nous l’avons fait en 2015 et en 2017 dans le cadre de l’Acfas.
Nous reprendrons la structuration en quatre axes des colloques précédents : 1) lexique et contenus d’enseignement (choix des mots à enseigner, notions lexicales à l’étude, pertinence didactique des contenus, etc.); 2) enseignants et enseignement du lexique (pratiques, formation initiale et continue, etc.); 3) élèves et apprentissage du vocabulaire (disparités lexicales chez les élèves, évaluation de la compétence lexicale, besoins des élèves allophones, etc.); et 4) ressources pour l’enseignement du lexique (manuels, listes de mots, dictionnaire, littérature, etc.).
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