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Marie-Claude Salvas : UQO - Université du Québec en Outaouais
S’il est connu que les comportements de l’élève sont associés à son statut social au sein du groupe de pairs, il s’avère que la perception que les pairs peuvent avoir d’un élève en difficulté conditionne également leurs comportements à son égard (Prinstein et al., 2018). Ainsi, on sait que les élèves présentant des difficultés de comportement (e.g. agitation, impulsivité ou excès de colère) tendent à être moins bien intégrés socialement; ils ont un cercle d’amis plus restreint, des relations de moins bonne qualité avec leurs amis comme avec leurs enseignants et sont généralement moins appréciés par leurs pairs. En outre, la recherche montre que même en travaillant sur les déficits comportementaux de ces enfants rejetés, il est difficile de changer la perception des pairs à leur égard (Bierman, 1984). Cela suggère qu’un phénomène d’étiquetage contribue au maintien du faible statut social de ces élèves et ce, même en l’absence des comportements qui ont engendré le rejet par les pairs (Mikami et al., 2013). Une solution est d’intégrer les pairs dans les interventions psychosociales pour non seulement qu’ils modifient leurs perceptions négatives mais surtout qu’ils « ouvrent la porte du groupe » aux élèves en difficulté. Cette communication dressera donc un portrait critique des études se penchant sur la perception des pairs à l’égard des élèves en difficulté de comportement ainsi que des pistes d’intervention ayant été évaluées et visant à modifier ces perceptions.
D’une année à l’autre, au primaire comme au secondaire, enseignants, professionnels et personnel de soutien accueillent de nouveaux élèves et apprivoisent de nouveaux groupes. En adaptation quasi constante, ces intervenants doivent tisser des liens avec les élèves, découvrir leurs forces et leurs capacités et, surtout, s’ajuster à leurs besoins afin de poursuivre les missions de l’école québécoise. L’unicité des élèves, à laquelle s’ajoute celle de ces acteurs, rend d’emblée l’aventure complexe. Elle se corse davantage lorsque certains élèves, dont les profils sont de plus en plus diversifiés, se démarquent du lot, et ce, pour de multitudes raisons.
On assiste depuis quelques années à une progression importante du nombre d’élèves dits « différents », qui présentent des caractéristiques singulières à divers égards (présence de difficultés d’adaptation ou d’apprentissage, problèmes de comportement ou de santé mentale, parcours de vie complexe, etc.). Cette montée peut à la fois être attribuable à une plus grande sensibilisation du milieu scolaire à leurs besoins, comme à une intensification des difficultés vécues par ces mêmes élèves ou même à une moins grande tolérance du milieu scolaire à leur égard. N’empêche, cette réalité fait en sorte que l’accompagnement de ces élèves représente un défi de taille, pouvant engendrer un certain sentiment d’impuissance chez l’enseignant, comme chez les autres acteurs scolaires. Afin de les soutenir dans cette tâche complexe, il importe de mieux comprendre comment ils se représentent les besoins de ces élèves et comment ils interagissent avec eux au quotidien. L’objectif du colloque est donc d’approfondir notre compréhension de cette réalité en mettant l’accent sur les représentations des acteurs scolaires à l’égard des élèves « différents », ainsi que sur la manière dont les acteurs scolaires font face à cette complexité inhérente à quiconque travaille au service des êtres humains dans un contexte de socialisation et d’apprentissage.
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