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Comment un flou linguistique peut-il influencer des acteurs concernés par une réforme en santé?

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Stéphanie Collin : Université de Moncton

Résumé de la communication

C'est à la suite de l'adoption de la nouvelle Loi sur les langues officielles au Canada en 1969 que la province du Nouveau-Brunswick (NB) affirmait son bilinguisme officiel. Quelque temps plus tard, les principes de la Loi reconnaissant l’égalité des deux communautés linguistiques officielles au NB étaient enchâssés dans la Constitution canadienne. Or, un flou entoure encore aujourd'hui les droits linguistiques en santé et il interpelle de temps à autre des acteurs concernés.

Dans cet environnement linguistique incertain, le gouvernement du NB annonçait en 2008 une réforme du système de santé visant à améliorer la prestation des services de santé. Alors que le nombre de régies régionales de la santé (RRS) passait alors de huit à deux, la Loi sur les régies régionales de la santé ne spécifiait pas la langue de fonctionnement des deux organisations. Cette ambiguïté motivait alors des acteurs associés à l'une des anciennes RRS à contester la réforme. Les médias francophones se ralliaient rapidement à ce contre-pouvoir officiel et participaient à la mobilisation de membres clés de la population francophone et acadienne.

L’objectif de notre communication est double : 1) montrer de quelles manières un arrangement linguistique particulier peut motiver des acteurs d'une deux communautés de langue officielle « à passer à l'action », et 2) expliquer comment le pilotage d’une réforme peut être influencé par l’action politique d’une communauté francophone en situation minoritaire.

Résumé du colloque

C’est dans la foulée des travaux menés par la Commission royale d'enquête sur le bilinguisme et le biculturalisme, débutés en 1963, que le gouvernement canadien adopte en 1969 la Loi sur les langues officielles (LLO). Près de vingt ans plus tard, en 1988, une nouvelle LLO est adoptée afin de préciser plusieurs éléments de la première, de renforcer sa mise en œuvre et d’ajouter notamment la partie VII, dans laquelle le gouvernement « s’engage à favoriser l’épanouissement des minorités francophones et anglophones du Canada et à appuyer leur développement ». Alors que la première LLO exprimait une vision individualiste des droits linguistiques, la partie VII apporte une perspective collective aux droits linguistiques.

Après 50 ans de mise en œuvre, le temps est propice pour faire un bilan de la LLO au regard des objectifs de la Loi, des aspirations et de l’évolution des communautés de langue officielle en situation minoritaire (CLOSM). Il l’est d’autant plus qu’au printemps 2019 quatre consultations et études sont menées afin de réfléchir à la « modernisation » de la LLO. C’est le Comité sénatorial permanent sur les langues officielles qui a entrepris une première étude en 2017, étude qui est toujours en cours. Le commissaire aux LO du Canada a mené une consultation en 2018, suivi du Comité permanent sur les langues officielles à l’automne 2018. Puis, Patrimoine canadien et la ministre du Tourisme, des Langues officielles et de la Francophonie ont amorcé une série de consultations en mars 2019 en organisant des forums partout au pays.

Dans le cadre du premier Forum, qui s’est tenu à Moncton, le 12 mars 2019, maître Michel Bastarache disait qu’il avait l’impression que « de plus en plus, la question des langues au Canada en est une qui intéresse presque exclusivement les francophones hors Québec ». Le contexte linguistique actuel au Canada contraste donc avec celui des années 1960, alors que le nationalisme québécois montant était perçu comme une menace à l’unité nationale.

Quel est donc le contexte politique actuel dans lequel se déroulent ces consultations et ces réflexions si on le compare à celui qui a donné naissance à la LLO? Quel effet peut entraîner ce contexte sur les résultats des consultations en cours et la modernisation de la LLO? Quelles sont les attentes, les visions et les aspirations des représentants et des citoyens des CLOSM à l’égard de la LLO et de sa mise en œuvre? Comment concevoir ces aspirations dans le cadre élargi des droits linguistiques au Canada, incluant les provinces et les territoires ainsi que le projet de loi sur les langues autochtones?

C’est pour mener cette réflexion et stimuler des échanges que nous souhaitons organiser ce colloque multidisciplinaire qui réunira des experts nationaux provenant de plusieurs disciplines et des intervenants qui font face quotidiennement aux défis que pose le contexte minoritaire.

English program : http://www.concordia.ca/cuevents/artsci/scpa/quescren/2019/05/28/50-years-OLA-Acfas.html

Contexte

section icon Thème du congrès 2019 (87e édition) :
Engager le dialogue savoirs – sociétés
section icon Date : 29 mai 2019

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