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Paul R. CARR : UQO - Université du Québec en Outaouais
Face aux multiples crises que vit, aujourd’hui et partout dans le monde, la démocratie représentative, de nombreuses initiatives participatives voient le jour, catalysées en cela par des dynamiques des médias sociaux. De nombreux symptômes témoignent de ces crises, notamment, la baisse de la participation aux élections, le cynisme envers les partis politiques, etc.. Dans une société pluraliste agitée de divergences, de désaccords, de dilemmes ou/et de conflits moraux, la démocratie délibérative se présente comme une réaction complémentaire à la démocratie représentative où les citoyennes et citoyens sont appeléEs à délibérer concernant des orientations, des choix ou des décisions qui les concernent, contribuant ce faisant à une plus grande légitimité de ces orientations, choix ou décisions. Dans cette communication, nous posons le dialogue contre-hégémonique comme préalable au potentiel éducatif et politique de la démocratie délibérative. Selon la perspective de Paulo Freire, le dialogue est clé dans tout processus cognitif authentique et se réalise dans un contexte social spécifique fait d’une diversité d’acteurs sociaux dont il faut tenir compte pour ne pas entamer le dialogue dans un « vacuum » suggérant un espace de liberté absolue. Le dialogue freirien est contre-hégémonique puisqu’il se fonde sur des valeurs humanistes profondes et invite à communiquer selon des perspectives de conscience critique, de justice sociale et d’émancipation des personnes.
L’année 2019 est déclarée « année internationale des langues autochtones » par l’ONU. Cette initiative fait écho à sa résolution sur les droits des peuples autochtones ainsi qu’aux valeurs de l’UNESCO et à sa mission éducative via l’Agenda 2030. Elle vise « la protection des droits humains, la consolidation de la paix et du développement durable, en assurant la diversité culturelle et le dialogue interculturel » (ONU, 2016). Dans ce contexte mondial, et en écho au thème du Congrès 2019 de l’ACFAS, deux Chaires UNESCO organisent un colloque conjoint sous le signe de l’éducation transformatoire par le dialogue : la Chaire UNESCO en « transmission culturelle chez les premiers peuples dans une dynamique de mieux-être et d’empowerment » (TCPPDMEE) de l’UQAC et la Chaire UNESCO en « démocratie, citoyenneté mondiale et éducation transformatoire » (DCMÉT) de l’UQO. L’Outaouais est fortement marqué par la présence autochtone, dont celle des Algonquins qui, d’ailleurs, n’ont jamais cédé leur souveraineté sur ce territoire. À Gatineau, le musée de l’histoire est l’œuvre de l’architecte autochtone Douglas Cardinal. Des initiatives témoignent de la transformation des relations entre Autochtones et Allochtones dans plusieurs domaines : arts, éducation, littérature, gouvernance, mouvements sociaux et médias. Or, on constate actuellement une forte résistance (populaire, politique et médiatique) face à la diversité. Des discours xénophobes sont exprimés ouvertement contre les peuples autochtones, les communautés racisées et les mouvements migratoires. Notre but est d’aborder ces enjeux liés à la persistance systémique des racismes, des colonialismes, des injustices et des inégalités sociales. Le colloque réunira divers acteurs sociaux, autochtones et allochtones, pour un dialogue contre-hégémonique mené dans un esprit de conciliation, sur la diversité des identités et des citoyennetés, selon trois axes thématiques : langues et cultures, savoirs et pratiques de transmission, et mouvements sociaux.
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