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Cristina Bellu : Université de Genève
Notre recherche est une étude de cas qui aborde la problématique liée à la corporéité rythmique, quotidienne ou spécialisée (Mili et al., 2013), dans le cadre de l’école primaire genevoise. Basée sur l’observation clinique (Leutenegger, 2000) de deux classes filmées durant un semestre et des traces significatives de l’action enseignante (planifications, travaux d’élèves, projets), l’analyse qualitative part de la triangulation des méthodes de collecte des données (Koners et Goffin, 2007) pour aboutir vers des modélisations des situations d’enseignement/apprentissage (Brousseau, 1998). Elle vise la compréhension du rapport rythmicité/corporéité comme lieu de rencontre entre l’individu et le collectif dans la construction des savoirs, avec ou sans support d’œuvres comme catalyseurs d’inclusion. Notre approche anthropologique (Mauss et Paulme, 1950, Chevallard, 1985) situe les savoirs techniques/interprétatifs liés au rythme dans une corporéité qui est à la fois lieu d’expérience (Marleau-Ponty, 1945) et de relation (Bernard, 1995).
Cette rencontre invite à porter un nouveau regard sur l’art qui, pour citer Anne Cauquelin, ne se limite pas à ce que la doxa nous présente comme tel, mais revendique haut et fort son rôle d’acteur public pleinement impliqué dans les débats sociétaux. En effet, l’art à l’époque moderne sort de la période historique durant laquelle la société ne voulait voir en lui qu’un agrément : il est devenu un moyen de connaissance et d’action (Ardenne, 2009; Lamoureux, 2005; Lamoureux et Uhl, 2018), abordant diverses questions socialement vives : équité, diversité, antiracisme, pluralisme, humanisme… Par cette ouverture, les arts permettent le développement des compétences sociales (Winner, Goldstein et Vincent-Lancrin, 2014) et participent à la formation du citoyen (Kerlan, 2014; Lauret, 2014; Liot, 2010). Cette évolution du paradigme de l’art donne une importance cruciale aux recherches portant sur l’impact que l’enseignement artistique et culturel peut avoir sur les transformations sociales : sa vocation est bien de servir d’outil pour l’éducation à l’inclusion, à la santé, à la démocratie, à l’environnement, etc. Le besoin d’un engagement collectif en ce sens est clairement exprimé par les attentes envers l’éducation, et aussi constaté à travers les finalités de plusieurs programmes de formation (voir par exemple les quatre arts dans PFEQ, chapitre « Relations avec les domaines généraux de formation »). Dans la continuité de ces idées, le colloque est consacré à une thématique de recherche émergente considérant l’art comme vecteur et/ou porteur d’un questionnement sociétal; il se situe au point de rencontre de trois champs de réflexion et/ou d’action : les arts, les enjeux sociétaux et les pratiques de formation ou éducation.
Titre du colloque :