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Création et évaluation d'un bref programme d'amélioration des capacités empathiques auprès de futurs intervenants en relation d'aide

CB

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Chloé Béland : Université de Montréal

Résumé de la communication

Être empathique avec leur client, souvent en difficulté, est une caractéristique des professionnels en relation d'aide (Wacker & Dziobek, 2016). Les intervenants seraient aussi parmi les professionnels les plus à risque d'épuisement professionnel (Felton, 1998), ce qui pourrait être lié au niveau d’empathie requis (Gleichgerrcht & Decety, 2013; Lamothe, Boujut, Zenasni, & Sultan, 2014; Tei et al., 2014; Thirioux et al., 2016). Une étude récente de Buchanan, Bagley, Stansfield et Preston (2012)suggère qu'un individu ayant de bonnes capacités d'empathie serait plus enclin à être contaminé par le stress des autres. Cette contagion émotionnelle peut être bénéfique si celui qui la reçoit sait comment gérer cette émotion. Lorsqu’un intervenant perd le contrôle de la contagion émotionnelle, il en résulte une détresse empathique (Wacker & Dziobek, 2016). Le développement de la précision interpersonnelle émotionnelle (PIÉ), c'est-à-dire la capacité à identifier les émotions des autres avec exactitude à partir de leur non verbal, pourrait être un moyen de freiner la détresse empathique. Des chercheurs se sont appliqués à l'entraîner avec succès chez les médecins (Blanch-Hartigan, 2012; Blanch-Hartigan & Ruben, 2013). Le but de ce projet est la création et l'évaluation d'un programme d'amélioration de la PIÉ auprès d'une trentaine d'étudiants en psychoéducation à l'Université de Montréal. Il est attendu que le programme améliore l'empathie et diminue le stress des participants.

Résumé du colloque

La communication non verbale fait l’objet de milliers de publications scientifiques. La reconnaissance des expressions faciales, la sensibilité interpersonnelle ainsi que l’influence de la maladie mentale, de l’âge et de la culture sur la communication non verbale ne sont que quelques-uns des enjeux étudiés qui obtiennent plus d’attention de la part d’une communauté internationale de chercheur.e.s provenant de différents pays (p. ex., États-Unis, Angleterre, Canada, Pays-Bas, Italie, Australie) et domaines de recherche. La psychologie, la psychiatrie, la communication, la biologie, l’informatique et l’éthologie, entre autres, s’intéressent à la communication non verbale (Plusquellec et Denault, 2018). Tant pour le grand public que pour le milieu professionnel, les sciences de la communication non verbale représentent une incroyable source de connaissances afin de favoriser la prise de décisions éclairées et le développement de meilleures pratiques sur divers enjeux liés, entre autres, à des questions de ressources humaines ainsi que de santé, d’éducation et de justice. Malheureusement, leur incidence dans la francophonie soulève des questions. En effet, le nombre de publications scientifiques en français par rapport à celles en anglais est négligeable. De plus, au Québec et en France, depuis quelques années, des techniques et des approches n’ayant fait l’objet d’aucune évaluation par les pairs ont gagné en popularité auprès du grand public et du milieu professionnel. Les conséquences d’une telle situation ne sont pas à négliger. En effet, non seulement les connaissances douteuses peuvent nuire à la prise de décisions éclairées et au développement de meilleures pratiques, mais, pendant ce temps, les connaissances scientifiques qui pourraient les favoriser sont négligées. Devant un tel constat, la valorisation des connaissances scientifiques sur la communication non verbale dans la francophonie s’avère nécessaire et urgente.

Contexte

section icon Thème du congrès 2019 (87e édition) :
Engager le dialogue savoirs – sociétés
section icon Date : 29 mai 2019

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