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Mame Cheikh Anta SALL : Laboratoire de recherches sur les Institutions et la Croissance (UCAD)
La question principale de cette communication est la suivante: la croissance économique induite par la mise en œuvre du PSE est-elle plus favorable à la main d’œuvre masculine ou à la main d’œuvre féminine? Même si plusieurs études se sont intéressées à analyser l’impact des inégalités entre les hommes et les femmes sur la croissance (Arora, 2012; Jacquet et Sargeson, 2012), peu d’entre elles ont pris le couloir inverse. Cette recherche s’inscrit dans ce cadre en essayant de disséquer l’impact que pourrait avoir la croissance économique sur les inégalités entre ces deux groupes en termes de profils d’emplois créés. Cette étude est sous-tendue par l’hypothèse selon laquelle la croissance économique favorisée par la mise en œuvre du PSE ne permet pas, à elle seule, de résoudre les disparités de genre en termes d’accès à l’emploi. Aux fins d’évaluer l’impact du PSE sur la croissance et l’emploi, nous avons construit un modèle d’équilibre général calculable dynamique (MEGC-D). Les résultats de nos recherches ont montré que les investissements substantiels drainés par la mise en œuvre du PSE ont permis de placer l’économie sénégalaise sur une bonne dynamique de croissance économique. En conséquence, la création d’emplois a suivi l’expansion des secteurs de l’économie qui ont augmenté leur demande de travail suite à la hausse de capital. Toutefois, cette demande a évolué différemment suivant les différentes catégories socio-professionnelles et le genre.
Après plus d’un demi-siècle de mise en œuvre de stratégies de développement, les conditions de vie d’une grande partie de la population ont empiré dans les pays d’Afrique. Ces stratégies ont plutôt conduit à une aggravation des inégalités dans la répartition des revenus et à une exacerbation des inégalités de genre. Les inégalités de revenus liées au genre sont alarmantes et conduisent à une « féminisation de la pauvreté ». Cependant, les femmes, dans la société africaine, ont toujours occupé une place primordiale dans l’amélioration des conditions de vie des communautés. Dans le domaine de l’agriculture, par exemple, elles ont le monopole de la filière de production des cultures vivrières, qui assure la sécurité alimentaire dans les pays africains. Par ailleurs, à l’heure où différents analystes économiques prévoient le maintien de la reprise économique en Afrique pour les prochaines années, il importe de favoriser la prise en compte des initiatives des femmes dans l’élaboration de politiques de développement pour un développement socialement durable. Dans ce contexte, ce colloque se veut un lieu de dialogue entre les chercheur-e-s et les praticien-ne-s afin de contribuer à mettre en exergue le rôle des femmes africaines dans le développement du continent.
Ce colloque se propose de répondre aux questions suivantes : 1) Quel est le bilan de la thématique « femmes et développement »? Quels sont les nouveaux défis? 2) Comment ces défis sont-ils intégrés dans les objectifs de développement durable (ODD) ainsi que dans les politiques et stratégies de développement des pays africains? 3) Les féminismes du Sud ou le genre en Afrique dans les théories sur l’émancipation des femmes : quels enjeux? La question de la mobilisation des femmes autour d’enjeux spécifiques : où en est l’Afrique? 4) Comment les milieux ruraux se restructurent-ils sous l’influence des initiatives des femmes? et 5) Entrepreneuriat féminin, économie sociale et health care : quelles actions pour quels résultats?
Titre du colloque :