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Marie-Christine Brault : UQAC-Université du Québec à Chicoutimi
Les taux élevés de prévalence du diagnostic du Trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) et de la consommation de psychostimulants, observés chez les jeunes québécois, inquiètent. L’augmentation de la prévalence constatée au cours des deux dernières décennies oblige à mieux comprendre comment les enfants en viennent à recevoir ce diagnostic et à se questionner sur la présence de faux diagnostic, voire de surdiagnostic. Il semble pertinent de s’attarder à ce qui se passe dans le milieu scolaire, car le diagnostic est habituellement obtenu par les jeunes durant leur fréquentation de l’école primaire. Dans le cadre d’une étude portant sur le rôle de l’école dans l’identification des élèves sous la catégorie TDAH, des entretiens individuels et de groupe ont été menés avec des acteurs scolaires variés (enseignantes, direction, professionnels de la santé). L’analyse qualitative suivant les principes de la méthode de la théorisation enracinée permet d’abord d’identifier la séquence d’événements qui mènent de l’identification des comportements déviants au maintien du diagnostic chez les élèves; ensuite de comprendre la participation des divers acteurs scolaires à chacune de ces étapes. Ces résultats seront discutés à la lueur de théories sociologiques.
D’une année à l’autre, au primaire comme au secondaire, enseignants, professionnels et personnel de soutien accueillent de nouveaux élèves et apprivoisent de nouveaux groupes. En adaptation quasi constante, ces intervenants doivent tisser des liens avec les élèves, découvrir leurs forces et leurs capacités et, surtout, s’ajuster à leurs besoins afin de poursuivre les missions de l’école québécoise. L’unicité des élèves, à laquelle s’ajoute celle de ces acteurs, rend d’emblée l’aventure complexe. Elle se corse davantage lorsque certains élèves, dont les profils sont de plus en plus diversifiés, se démarquent du lot, et ce, pour de multitudes raisons.
On assiste depuis quelques années à une progression importante du nombre d’élèves dits « différents », qui présentent des caractéristiques singulières à divers égards (présence de difficultés d’adaptation ou d’apprentissage, problèmes de comportement ou de santé mentale, parcours de vie complexe, etc.). Cette montée peut à la fois être attribuable à une plus grande sensibilisation du milieu scolaire à leurs besoins, comme à une intensification des difficultés vécues par ces mêmes élèves ou même à une moins grande tolérance du milieu scolaire à leur égard. N’empêche, cette réalité fait en sorte que l’accompagnement de ces élèves représente un défi de taille, pouvant engendrer un certain sentiment d’impuissance chez l’enseignant, comme chez les autres acteurs scolaires. Afin de les soutenir dans cette tâche complexe, il importe de mieux comprendre comment ils se représentent les besoins de ces élèves et comment ils interagissent avec eux au quotidien. L’objectif du colloque est donc d’approfondir notre compréhension de cette réalité en mettant l’accent sur les représentations des acteurs scolaires à l’égard des élèves « différents », ainsi que sur la manière dont les acteurs scolaires font face à cette complexité inhérente à quiconque travaille au service des êtres humains dans un contexte de socialisation et d’apprentissage.
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