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Marc-André Bélanger : Regroupement des Auberges du coeur du Québec
Le projet « Des outils pour l’autonomie » consiste à faire la promotion des saines habitudes de vie auprès des jeunes en difficultés et à risque d’itinérance dans les Auberges du cœur. Pensé à l’aune de leur mission et de l’intervention en milieux de vie, le projet devait relever le défi de sa pertinence en agissant en amont et en aval de l’itinérance selon une approche globale visant la transformation sociale. Or, dans un contexte où les saines habitudes de vie se sont imposées depuis plus de 10 ans comme l’un des principaux champs d’action en matière de santé publique, notamment chez les jeunes, des acteur.trice.s des milieux de pratique et de recherche ont relevé un glissement de paradigme en défaveur d’une approche globale axée sur les déterminants sociaux de la santé. Soucieux de ces interrogations, le RACQ aborde ce projet en tentant de surpasser les limites d’une approche strictement axée sur les saines habitudes de vie pour en faire un levier d’empowerment en concordance avec l’approche globale caractéristique du milieu communautaire. Cette présentation vise à discuter des apprentissages menés au cours du projet et partager une série de réflexions sur les potentialités de l’intervention sur les saines habitudes de vie et des défis qu’elles rencontrent en matière de prévention de l’itinérance.
L’itinérance chez les jeunes est une réalité complexe marquée par une combinaison de facteurs structurels, institutionnels et interpersonnels. Cette pluralité de facteurs et de parcours nécessite de repenser les stratégies d’intervention à la lumière de la prévention. Si différentes mesures politiques ont récemment vu le jour au Québec afin de lutter contre l’itinérance, peu d’efforts sont consacrés à la mise en place d’actions concrètes et concertées pour prévenir l’itinérance chez les jeunes. Les interventions réalisées sont principalement organisées autour d’une logique d’urgence, et ce, au détriment des stratégies de prévention de l’itinérance (Gaetz et Dej, 2016). Dans cette logique, les services offerts aux jeunes visent à répondre à leurs besoins essentiels afin qu’ils reprennent un certain pouvoir sur leur quotidien et qu’ils puissent amorcer un processus de sortie de l’itinérance. Toutefois, cette logique d’urgence conduit à une spécialisation et à une segmentation des différents services qui peut exclure et marginaliser davantage les jeunes (Nichols, 2016). Il semble impératif de rompre avec cette logique d’urgence afin de concentrer plutôt les efforts de recherche et d’intervention dans une logique de prévention globale, cohérente et concertée qui reconnaît la combinaison des facteurs structurels, institutionnels et interpersonnels de l’itinérance. D’ailleurs, de nombreux milieux de pratique soulignent l’importance des actions concertées pour prévenir l’itinérance chez les jeunes. Le but de ce colloque est donc d’offrir un point de rencontre pour croiser différents savoirs sur la prévention de l’itinérance chez les jeunes, et en discuter. Pour ce faire, nous rassemblons des contributions autour de deux axes de réflexion : 1) les connaissances scientifiques sur les moments décisifs menant les jeunes vers l’itinérance; 2) les connaissances scientifiques sur les pratiques d’intervention novatrices liées à la prévention de l’itinérance chez les jeunes.
Titre du colloque :