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Écrire depuis la précarité ? Entretien contre résilience.

SB

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Suzanne Beth : Université de Montréal

Résumé de la communication

La question (auto-)biographique pour la recherche en arts, je me propose de l’aborder à partir de ce qui m’apparaît comme une condition, celle de la précarité que nous sommes si nombreux-ses à partager aujourd’hui – universitaires flottant-es, post-postdocs, lecturers ambulant-es, pèlerins des limbes académiques. La précarité n’est pas considérée ici depuis un point de vue sociologique – bien qu’il s’agisse d’une donnée décisive de la vie universitaire contemporaine –, cette contribution se présente plutôt comme une tentative de rendre compte des voies ouvertes par le pas de côté que les parages de la désaffiliation ont le mérite d’encourager. Bien sûr, le propos n’est pas nihiliste : il n’est pas question de faire contre mauvaise fortune bon cœur, comme on dit. La réflexion vise plutôt à suivre les voies par lesquelles la précarité affecte l’écriture ; elle s’attache, autrement dit, à ses effets sur ce qui constitue le cœur de notre pratique. La ligne de pensée que je me propose d’explorer plus particulièrement élabore une conception de la précarité à partir de son opposition au plan, existentiel et pratique, décrit par un terme très en vogue, la « résilience ». Contre cette caractérisation visant « an ecology that can absorb constant shocks while maintaining its functionality and organization [1] », il s’agira de considérer les modalités et les implications de l’entretien qu’appelle un travail de pensée précaire.

[1] Orit Halpern, 2017. « Hopeful Resilience », e-flux.

Résumé du colloque

C’est à partir de la question de la subjectivation, ouvrant sur les formes biographiques, autobiographiques et leurs hybridations comme autant de modalités de constitution du sujet, que nous désirons réfléchir à l’emprise des discours sur la construction de la subjectivité.

Dans une perspective où esthétique et éthique s’entrecroisent, il nous semble primordial d’articuler l’expérience personnelle aux discours dominants et de réfléchir à la construction de la subjectivité du chercheur ou de la chercheuse en arts qui doit, et ce, à maintes reprises rendre compte de soi. Le récit qui en résulte est-il nécessaire ou contingent? Stratégique ou critique? Quels enjeux éthiques ou politiques émergent de la nécessité du chercheur ou de la chercheuse de s’identifier et de se situer dans le discours? Différentes formes de subjectivation s’exposent : celles de l’identité civique ou scientifique et de l’expérience corporelle.

Contexte

section icon Thème du congrès 2019 (87e édition) :
Engager le dialogue savoirs – sociétés
Discutant-e- de la session : Suzanne Beth Dalie Giroux
section icon Date : 29 mai 2019

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