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En raisonnant par cas dans un contexte déontique

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Alessandra Marra : University of Bayreuth

Résumé de la communication

Je me concentrerai sur la règle d’inférence classique du raisonnement par cas (la règle qui va des prémisses "A ou B", "Si A, alors C" et "Si B, alors D" à la conclusion "C ou D") et à sa validité. Raisonner par cas semble crucial pour faire des dérivations valides même lors d’information partielle, quand on est incapable de déterminer si c’est A ou B qui tient. La règle a cependant été fortement critiquée. Kolodny et MacFarlane's (2010) ont avancé le fameux "Miners Puzzle" qui prétend montrer que la constante déontique modale "devrait" n’obéit pas au raisonnement par cas. Récemment, Bledin (2014) et Carr (2015) ont proposé d’autres contrexemples. Comme tous ces contrexemples impliquent des conditionnelles à l’indicatif dont les conséquents sont modalisés déontiquement, epistémiquement, ou probabilistiquement, l’opinion établie est que le raisonnement par cas échoue seulement quand des conditionnelles modaux et indicatifs interagissent. Je m’opposerai à cette opinion établie. Ma contribution sera double. Sur le plan négatif, I montrerai que, contrairement à l’idée reçue, il est faux que le raisonnement par cas échoue seulement quand des conditionnelles modaux et indicatifs interagissent. Sur le plan positif, je proposerai une condition suffisante de validité du raisonnement par cas. En utilisant les ressources de la Logique Informationnelle, j’argumenterai que ce raisonnement est valide quand ses conséquents sont stables relativement au changement d’information.

Résumé du colloque

Le langage sert à exprimer et à communiquer les pensées des interlocuteurs. L’usage du langage est une forme de comportement social. C'est en dialoguant que les locuteurs communiquent leurs pensées conceptuelles. Toutes les sciences qui traitent du langage, de l’action et de la pensée (la philosophie, la logique, les sciences humaines et l’intelligence artificielle) reconnaissent l’importance des différents types d’actes de discours (les actes d’énonciation, de référence, de prédication, d’expression de propositions et d’attitudes, les actes illocutoires et perlocutoires individuels et conjoints). Selon la théorie des actes de discours, les actes de discours du genre illocutoire sont les unités premières de signification et de communication dans l’usage et la compréhension du langage. Jusqu’à présent, on a surtout analysé les actes illocutoires de premier niveau accomplis par des locuteurs individuels à un seul moment d’énonciation. Cependant les interlocuteurs entendent surtout dialoguer. Parfois même leur objectif est purement conversationnel : décrire le monde, délibérer comment agir, changer le monde en faisant des déclarations et exprimer des attitudes conjointes. Notre but principal sera d’analyser la structure et la dynamique des dialogues ayant un objectif conversationnel. Nous traiterons des dialogues intelligents entre hommes et machines ainsi que de certains discours capitaux en éthique, droit et politique. Le colloque réunira des logiciens, linguistes, philosophes, juristes et informaticiens qui collaborent. On parlera des actes illocutoires de niveau supérieur. Certains chercheurs indépendants feront des présentations critiques de la théorie des actes de discours sur l’analyse de la conversation. Les communications seront regroupées autour de trois axes : Le premier axe regroupera des communications en philosophie du langage et de l’esprit. Le second concernera la modélisation logique et informatique des dialogues intelligents. Le troisième traitera de discours et de textes juridiques, politiques, éthiques et religieux particuliers des langues naturelles.

Nous traiterons des relations internes entre les deux fonctions essentielles d’expression et de communication, et la structure profonde du langage. Nous montrerons que la forme logique des actes illocutoires de premier et de second niveau impose des exigences formelles à la structure logique profonde de toute langue naturelle possible ainsi qu’à l’esprit des interlocuteurs compétents. Ainsi nous argumenterons que certains traits syntaxiques, logiques, sémantiques, pragmatiques et cognitifs sont transcendants et universaux, car ils sont indispensables. Nous montrerons aussi qu’il y a des discours éthiques, juridiques, politiques et mathématiques pourvus des quatre buts conversationnels : descriptif, délibératif, déclaratoire et expressif.

Contexte

section icon Thème du congrès 2019 (87e édition) :
Engager le dialogue savoirs – sociétés
news icon Thème du colloque :
Actes de discours dans le dialogue
section icon Date : 29 mai 2019

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Thème du colloque :

Actes de discours dans le dialogue