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Caterina Mamprin : Université de Moncton
Depuis 2015-2016, le nombre de classes d’accueil (CA) s’est accru dans la région du Grand Montréal. Alors que l’environnement de travail des enseignants peut avoir une grande influence sur leurs tâches quotidiennes (Maranda et al., 2014) et sur leur bien-être au travail (Price et al., 2015), très peu de recherches s’intéressent au vécu des enseignants en CA. Pourtant, certains enseignants ne se sentent pas qualifiés pour répondre aux besoins particuliers liés à l’expérience migratoire des élèves (McNeely et al., 2017). Aussi, la création de CA peut engendrer d’autres défis pour les enseignants, comme un manque de ressources (Papazian-Zohrabian et al., 2018). Dans le cadre d’une recherche visant à étudier le soutien social lors d’une activité collective conçue et menée pour favoriser le développement du bien-être au travail, les 8 séances d’un groupe de parole offerte à 8 enseignants d’un département d’accueil au secondaire ont été étudiées. Les discussions libres de ce groupe ont permis aux participants d’échanger sur des enjeux et des défis rencontrés dans leur pratique. Des entrevues semi-dirigées, avant et après les 8 séances, nous ont permis de clarifier leurs perceptions sur leur bien-être au travail. Dans une perspective systémique, les données collectées nous permettent de dégager certaines réalités inhérentes à l’enseignement en CA. Celles-ci mettent aussi en relief l’influence de ce contexte scolaire sur la perception du travail et le bien-être chez les enseignants.
D’une année à l’autre, au primaire comme au secondaire, enseignants, professionnels et personnel de soutien accueillent de nouveaux élèves et apprivoisent de nouveaux groupes. En adaptation quasi constante, ces intervenants doivent tisser des liens avec les élèves, découvrir leurs forces et leurs capacités et, surtout, s’ajuster à leurs besoins afin de poursuivre les missions de l’école québécoise. L’unicité des élèves, à laquelle s’ajoute celle de ces acteurs, rend d’emblée l’aventure complexe. Elle se corse davantage lorsque certains élèves, dont les profils sont de plus en plus diversifiés, se démarquent du lot, et ce, pour de multitudes raisons.
On assiste depuis quelques années à une progression importante du nombre d’élèves dits « différents », qui présentent des caractéristiques singulières à divers égards (présence de difficultés d’adaptation ou d’apprentissage, problèmes de comportement ou de santé mentale, parcours de vie complexe, etc.). Cette montée peut à la fois être attribuable à une plus grande sensibilisation du milieu scolaire à leurs besoins, comme à une intensification des difficultés vécues par ces mêmes élèves ou même à une moins grande tolérance du milieu scolaire à leur égard. N’empêche, cette réalité fait en sorte que l’accompagnement de ces élèves représente un défi de taille, pouvant engendrer un certain sentiment d’impuissance chez l’enseignant, comme chez les autres acteurs scolaires. Afin de les soutenir dans cette tâche complexe, il importe de mieux comprendre comment ils se représentent les besoins de ces élèves et comment ils interagissent avec eux au quotidien. L’objectif du colloque est donc d’approfondir notre compréhension de cette réalité en mettant l’accent sur les représentations des acteurs scolaires à l’égard des élèves « différents », ainsi que sur la manière dont les acteurs scolaires font face à cette complexité inhérente à quiconque travaille au service des êtres humains dans un contexte de socialisation et d’apprentissage.
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