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Charlotte Bonneau-Crepin : Université Laval
Cette communication constitue une étude de cas qui porte sur l’état de l’utilisation du site de microblogging Twitter par des artistes et des maisons de disques qui œuvrent au sein de l’industrie musicale québécoise. Les différentes méthodes de diffusion employées par ces intervenants ont été étudiées au terme d’une collecte de données empiriques constituée de l’observation des pratiques d’une cinquantaine de comptes Twitter reliés au milieu musical québécois. Les principales tendances en matière de l’utilisation de ce réseau social ont été délimitées en se basant sur le nombre d’abonnés de chaque compte, le contenu publié et également l’intensité des interactions relié à ce dernier. Quelques cas exceptionnels seront aussi présentés afin de mettre en lumière des stratégies innovatrices employées par certains intervenants du milieu artistique québécois. En règle générale, cette recherche vise à dresser un portrait de l’utilisation de Twitter par des musiciens et maisons de disque québécois.
Dans l’écosystème numérique qui transforme les structures industrielles et l’identité des acteurs, de nombreux artistes et producteurs trouvent de nouvelles voies pour valoriser leurs œuvres. De plus en plus, les technologies numériques sont l’objet d’initiatives entrepreneuriales originales dans le domaine des arts et de la culture (Lampel et Germain, 2016; Nordicity, 2016). Elles donnent lieu à l’émergence de pratiques qui supposent la maîtrise de nouvelles compétences et l’acquisition de capacités influençant création, production et diffusion (Lalonde, 2012; Walzer, 2017). On assiste à l’apparition d’approches collaboratives, d’organisations en réseaux, de pratiques transversales, mais aussi de pratiques transsectorielles et de pratiques importées de secteurs périphériques : médias, communication, événementiel, divertissement expérientiel, etc. (Hearn et al., 2007; Reeves, 2011). Ces transformations sollicitent des capacités qui s’interpénètrent autant dans les pratiques de création que dans les pratiques d’affaires. La question de l’esprit entrepreneurial et des pratiques d’entrepreneuriat en culture devient alors une clé pour aborder cette problématique touchant l’entièreté des chaînes de valeur. Or, peu d’études exhaustives ont été réalisées à ce jour sur la façon dont le numérique donne lieu à l’émergence de pratiques nouvelles en amont et en marge des chaînes de valeur établies (Chantepie et LeDiberder, 2010; Nordicity, 2016; Greffe, 2017).
Ces constats nous amènent à poser les questions suivantes, du point de vue de la pratique :
• Comment les pratiques entrepreneuriales liées au numérique influencent-elles l’identité et les rôles des acteurs dans le domaine des arts et de la culture?
• Comment le numérique donne-t-il lieu à l’émergence de pratiques nouvelles en amont et en marge des chaînes de valeur établies?
• Comment s’inspirer d’expériences originales émergeant de ces reconfigurations afin de dynamiser les milieux culturels et de stimuler des pratiques exemplaires?
L’objectif général du projet consiste à comprendre et à expliquer l’esprit entrepreneurial dans les pratiques de création, de production et de valorisation des œuvres et des biens culturels touchés par le numérique en vue de développer des capacités qui transforment les pratiques de l’écosystème culturel québécois. Plus spécifiquement, sur le plan des objets et des disciplines artistiques, il s’agit de recenser et d’analyser les pratiques émergentes des artistes et des entrepreneurs culturels en réponse au contexte numérique en création, en production et en diffusion, notamment les modèles d’affaires et les initiatives en marge des chaînes de valeur traditionnelles. Ensuite, sur le plan des identités, nous souhaitons mieux comprendre les contours de la figure d’entrepreneur culturel à l’ère numérique, ses effets sur les pratiques de création ainsi que la façon dont cet acteur et le secteur auquel il appartient se représentent cette figure et ses évolutions.
Titre du colloque :