pen icon Colloque
quote

Épuisement et perte de sens : la mobilisation et la solidarité sont-elles des remèdes à la souffrance des intervenant(e)s du réseau de la santé et des services sociaux du Québec?

MB

Membre a labase

Mylène Barbe : UQO - Université du Québec en Outaouais

Résumé de la communication

Notre présentation se veut une imbrication de nos deux mémoires, l’un portant sur la souffrance psychique vécue des travailleuses sociales au sein du réseau de la santé et des services sociaux du Québec, et l’autre, sur l’épuisement professionnel des intervenant(e)s en contexte de protection de la jeunesse. La tension entre les fondements de la relation d’aide et la réalité organisationnelle engendre plusieurs effets sur les intervenant(e)s : perte de sens, souffrance éthique, conflits de loyauté, surcharge de travail, épuisement professionnel. Les restructurations et les modes de gestion, inspirés par la NGP, ont également des impacts sur les usagers : accroissement des listes d’attente, discontinuité et diminution de la qualité des services, roulement de personnel, etc. La question se pose : comment les professionnels peuvent s’approprier un pouvoir d’agir? La décision arbitrale Jobin, rendue en 2016, démontre que la participation à une action collective syndicale permet l’émergence d’un sentiment de solidarité et l’appropriation d’un pouvoir d’agir. Les professionnels peuvent reconstruire des liens de proximité, préserver leur identité et leur autonomie professionnelles, par le biais de gestes de solidarité et de coopération en résistance aux effets néfastes des modes de gestion (Sibaud, 2014). Ces stratégies apparaissent intéressantes pour l’avenir des conditions de travail des intervenant(e)s du réseau de la santé et des services sociaux.

Résumé du colloque

Les nombreuses réformes opérées dans le réseau de la santé et des services sociaux depuis les 20 dernières années se sont réalisées dans le sillon de la nouvelle gestion publique (NGP). Ces réformes ont contribué à transformer la pratique d’intervention sociale individuelle, de groupe et collective dans les secteurs institutionnels et communautaires. Plus récemment, le projet de loi no 10, communément appelé la réforme Barrette, marque une transformation majeure du réseau public par la création d’un nombre réduit de mégaétablissements centralisés, visant à favoriser l’accès aux soins tout en réduisant les coûts du système. Des mégaétablissements ont été créés en fusionnant les établissements d’un territoire donné en un centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS), certains avec un statut universitaire (CIUSSS). La majorité des services du réseau a été regroupée dans divers secteurs : CLSC, CJ, CR, CH, CHSLD, GMF. Dans le contexte de cette fusion – forcée –, les intervenants sociaux font face à des changements importants : réorganisation des programmes et des services, nouvelles équipes de travail et nouveaux collaborateurs, déplacement dans des territoires immenses, changements de poste, surcharge de travail, détresse, etc. Quatre ans après l’entrée en vigueur du projet de loi no 10, plusieurs questions et enjeux soulevés par la pratique méritent d’être posés : comment se sont opérés les changements au sein des établissements? Quels ont été les facteurs facilitant ou compliquant les transferts de personnel – du CLSC au GMF, d’une équipe à une autre? Comment se déroule la pratique, notamment en GMF et en protection de la jeunesse? Quelles sont les retombées pour les services à la population, notamment les plus vulnérables? Quels sont les nouveaux enjeux pour les intervenants sociaux et pour les cadres? Plusieurs autres questions sont susceptibles d’émerger de ce contexte en pleine transformation appelant à une adaptation et à une réorganisation inachevées.

Contexte

section icon Thème du congrès 2019 (87e édition) :
Engager le dialogue savoirs – sociétés
section icon Date : 29 mai 2019

Découvrez d'autres communications scientifiques

Autres communications du même congressiste :