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Faridath Atchabi ABOUDOU : Université de Parakou/ Laboratoire d'Analyse et de Recherche sur les dynamique économiques et Sociale de la Faculté d'Agronomie
Le commerce transfrontalier des produits agro-pastoraux joue un rôle important aux plans économique et alimentaire en Afrique de l’Ouest. Les femmes y sont majoritaires, représentant environ 80% des personnes impliquées dans ce secteur. Ce travail analyse les difficultés des femmes dans le commerce transfrontalier des produits agro-pastoraux. Les données quantitatives et qualitatives sont obtenues à partir de plusieurs sources. Au total, 240 commerçants dont 200 femmes et 40 hommes ont été interviewés aux frontières et sur les principaux marchés des capitales des cinq pays concernés par notre étude. Les échanges commerciaux des femmes portent sur les produits du cru, les produits localement transformés et les produits de réexportation (riz et produits carnés). Les femmes ne sont pas dans le commerce du bétail et des petits ruminants, mais plutôt dans le commerce des abats et des œufs. Les résultats montrent que 98,8% des usagères ont déclaré connaître des difficultés dans cette activité. Les femmes subissent des tracasseries administratives aux frontières du fait que la majorité d’entre elles sont analphabètes ou n’ont pas une bonne connaissance des dispositions réglementaires en vigueur. Ces femmes rencontrent des problèmes relatifs au transport des produits et sont aussi confrontées aux problèmes d’insécurité liés à leur personne et à leurs biens. Certaines parmi les femmes interviewées ont fait l'objet de harcèlement de la part des transporteurs et des gardes frontières.
Après plus d’un demi-siècle de mise en œuvre de stratégies de développement, les conditions de vie d’une grande partie de la population ont empiré dans les pays d’Afrique. Ces stratégies ont plutôt conduit à une aggravation des inégalités dans la répartition des revenus et à une exacerbation des inégalités de genre. Les inégalités de revenus liées au genre sont alarmantes et conduisent à une « féminisation de la pauvreté ». Cependant, les femmes, dans la société africaine, ont toujours occupé une place primordiale dans l’amélioration des conditions de vie des communautés. Dans le domaine de l’agriculture, par exemple, elles ont le monopole de la filière de production des cultures vivrières, qui assure la sécurité alimentaire dans les pays africains. Par ailleurs, à l’heure où différents analystes économiques prévoient le maintien de la reprise économique en Afrique pour les prochaines années, il importe de favoriser la prise en compte des initiatives des femmes dans l’élaboration de politiques de développement pour un développement socialement durable. Dans ce contexte, ce colloque se veut un lieu de dialogue entre les chercheur-e-s et les praticien-ne-s afin de contribuer à mettre en exergue le rôle des femmes africaines dans le développement du continent.
Ce colloque se propose de répondre aux questions suivantes : 1) Quel est le bilan de la thématique « femmes et développement »? Quels sont les nouveaux défis? 2) Comment ces défis sont-ils intégrés dans les objectifs de développement durable (ODD) ainsi que dans les politiques et stratégies de développement des pays africains? 3) Les féminismes du Sud ou le genre en Afrique dans les théories sur l’émancipation des femmes : quels enjeux? La question de la mobilisation des femmes autour d’enjeux spécifiques : où en est l’Afrique? 4) Comment les milieux ruraux se restructurent-ils sous l’influence des initiatives des femmes? et 5) Entrepreneuriat féminin, économie sociale et health care : quelles actions pour quels résultats?
Titre du colloque :