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Danyka Therriault : Université de Sherbrooke
Les troubles anxieux se retrouvent parmi les psychopathologies les plus fréquentes de l’enfance à l’adolescence. On estime à 17% la prévalence de ces troubles chez les élèves du secondaire. Les conséquences qui y sont associées apparaissent nombreuses et préoccupantes : trouble des conduites, dépendance aux drogues et à l’alcool, plus haut taux d’absentéisme, difficultés scolaires, etc. La forte prévalence et les conséquences qui y sont associées invitent à intervenir dès le début du secondaire. La présente étude a pour objectif d’évaluer les effets à court terme du programme de prévention universelle HARDIS, qui vise à soutenir les adolescents à faire face à leurs défis développementaux afin de prévenir les troubles anxieux et autres troubles d’adaptation. Au total, 1360 élèves de 1reet 2esecondaire, provenant de sept écoles secondaires du Québec ont participé aux évaluations pré-test et posttest qui ont permis de documenter, à l’aide de questionnaires standardisés, les caractéristiques personnelles, familiales et scolaires. Des test-t appariés ont montré que les élèves ayant participé aux ateliers du programme HARDIS obtiennent, lors de l’évaluation posttest, des scores significativement inférieurs comparativement au pré-test, sur plusieurs variables évaluées. Malgré la nécessité d’évaluer ses effets à plus long terme, force est de constater le caractère prometteur du ce programme comme outil de prévention de l’anxiété chez les jeunes.
Même s’il est bien établi que la santé mentale et la persévérance scolaire sont fortement liées, ce n’est que récemment que les établissements scolaires ont commencé à accorder de l’importance à ce lien. Selon la Commission de la santé mentale du Canada, 1,2 million d’enfants et de jeunes canadiens sont touchés par la maladie mentale. Dans la moitié des cas, les troubles de santé mentale commenceraient avant l’âge de 14 ans (OMS, 2011). La prévalence des troubles diagnostiqués chez les enfants au Québec entre 1999 et 2010 aurait par ailleurs doublé, et ce, en partie en raison fait que le TDAH est plus fréquemment diagnostiqué (INSPQ, 2012).
Parmi les facteurs psychosociaux reconnus pour affecter le rendement scolaire et la persévérance se trouvent les symptômes dépressifs et une faible estime de soi. Les jeunes vivant une dépression et fréquentant l’école secondaire (Asarnow et al., 2005), le cégep (Eisenberg, Goberstein & Hunt, 2009) ou l’université́ (Hysenbegasi et al., 2005) risquent davantage de moins bien réussir leurs études ou même de les abandonner. Les jeunes Québécois fréquentant l’école secondaire et vivant avec un haut niveau de détresse psychologique sont plus susceptibles de décrocher que ceux ayant un niveau de détresse faible ou moyen (EQSJS, 2011). La même situation se présente pour l’estime de soi.
Dans le contexte où 70 % des troubles de santé mentale débutent pendant l’enfance et l’adolescence (CSMC, 2012), il est impératif d’agir tôt et de manière globale pour soutenir les jeunes qui formeront la société de demain. Les milieux scolaires peuvent d’ailleurs jouer un rôle actif dans les interventions préventives et curatives mises en place. En fait, selon la Politique sur la réussite éducative du MEES (2017), l’école n’a pas uniquement une vocation éducative, elle doit également veiller au développement du potentiel de l’élève dans toutes ses dimensions, incluant les dimensions affectives et sociales.
Ce colloque permettra d’examiner plus amplement les liens entre la santé mentale et la persévérance scolaire, en se basant sur une approche intersectorielle visant à soutenir les jeunes et leur milieu et en proposant des actions ancrées dans les données probantes pouvant être posées en milieu scolaire.
Aux fins du présent colloque, l’importance de la santé mentale dans la réussite éducative des jeunes sera analysée à l’aide de communications axées sur des présentations, des débats et des réflexions. Le colloque se construit autour de trois grands thèmes :
— Un portrait des enjeux liés à la santé mentale en lien avec la persévérance scolaire et la réussite éducative : ce que nous dit la science (matinée);
— L’approche intersectorielle en santé mentale pour soutenir les jeunes vers une réussite éducative : agir tôt et en prévention! (début d’après-midi);
— Des pistes d’actions efficaces ancrées dans les données probantes (fin d’après-midi).
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Thème du colloque :