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Noémie Bérard : UQTR- Université du Québec à Trois-Rivières
Plusieurs didacticiens du français ont dénoncé le caractère hyper-normatif des pratiques pédagogiques qui, fondées sur une conception techniciste de l’écriture, la réduise à la simple application de normes (Garcia-Debanc et Fayol, 2002 ; Mas, 1991) et empêchent le développement de la créativité littéraire des élèves (Sorin, 2005 ; Sirois et Boisclair, 2010). Tenant compte de ces critiques, le Programme de formation de l’école québécoise reconnait la complexité de l’écriture et accorde une place au développement de la créativité (Comeau, 1995). Toutefois, la grille d’évaluation des textes du ministère de l’éducation (MEQ) vise plutôt l’appréciation de la capacité de l’élève à appliquer les normes qui régissent l’écrit. Il convient alors de se demander si cette grille permet d’apprécier la compétence à écrire des textes littéraires des élèves ? Trois textes narratifs écrits par des élèves du 2e cycle du primaire ont été analysés sous deux angles : 1- à partir de la grille du MEQ et 2- à partir d’outils issus de la littérature scientifique. Les résultats permettent de souligner diverses lacunes de la grille d’évaluation qui semble fondée sur cette conception techniciste de l’écriture dénoncée par les didacticiens. Le risque que la grille amène à pénaliser davantage les enfants prenant des risques littéraires sera notamment discuté ; invitant à repenser l’équilibre à trouver entre normes et créativité lors de l’enseignement et de l’évaluation de l’écriture littéraire à l’école.
Au cours de l’élaboration du Programme de formation de l’école québécoise (PFEQ), le ministère de l’Éducation (MEQ) a privilégié le développement de compétences tout comme certains pays européens. Ainsi, la mise en place du PFEQ devrait permettre un apprentissage plus en profondeur passant de la maîtrise des connaissances à la mobilisation de ressources dans le but de développer des compétences disciplinaires ou transversales. L’application d’un programme de formation axé sur le développement de compétences influe sur l’ensemble de la pratique enseignante, y compris les pratiques d’évaluation des apprentissages. D’ailleurs, l’intégration de l’évaluation à l’enseignement, l’évaluation pour l’apprentissage et au service de l’apprentissage, les grilles d’appréciation pour la correction des tâches d’évaluation, l’élaboration de tâches d’évaluation, le vocabulaire (SAE, SEA, etc.) sont autant de concepts et d’outils privilégiés dans une formation par compétences. Or, le Test de certification en français écrit pour l’enseignement (TECFÉE), qui teste les connaissances plutôt que les compétences, reste l’outil privilégié pour accéder à la profession enseignante. Ainsi, il semblerait que des défis soient présents dans les milieux scolaires et en amont dans le milieu universitaire, tout au long de la formation des futurs enseignants. De la planification de l’enseignement à l’évaluation des apprentissages en passant par l’évaluation pour l’accès à la profession, où s’arrête l’évaluation des connaissances et quand s’agit-il d’évaluation des compétences? La juxtaposition des deux peut-elle être un modèle qui assure la validité et la fidélité de l’évaluation? Au cours de ce colloque, les communications présentées, par des chercheurs de différents horizons théoriques ou pratiques, permettront de faire le point sur plusieurs défis encore présents dans les milieux éducatifs bien que le PFEQ soit mis en application depuis plusieurs années déjà.
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