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Daniel Moreau : Université de Sherbrooke
Le sentiment d’efficacité personnelle enseignant (SEPE) en formation à l'enseignement représente une variable motivationnelle qui affecterait l’engagement dans la profession enseignante et influencerait l'intention des étudiants de persévérer dans la profession (Klassen et Chiu, 2011). Ce sentiment repose sur la croyance d’un enseignant en ses capacités à mettre en œuvre les moyens nécessaires pour réaliser les apprentissages auprès de ses élèves. Il y a un intérêt à étudier le SEPE en formation à l’enseignement, car c’est à ce moment qu’il est le plus malléable et qu’il serait peu susceptible de changer par la suite (Woolfolk et Hoy, 1990).
Cette communication présentera un portrait descriptif de l'évolution du SEPE au sein d’un échantillon d’étudiants réalisant leur troisième année de formation des programmes de baccalauréat en éducation préscolaire et enseignement primaire de l’UQAM, de l’UQTR et de l’UQAC. Les données ont été recueillies à trois moments distincts au cours de l'année 2018-2019 (début et fin de la session d’automne puis d’hiver), en utilisant l’échelle du SEPE élaborée par Tschannen-Moran et Woolfolk-Hoy (2001) et traduite par De Stercke, Temperman, De Lièvre et Lacocque (2014). Les résultats mettent en relief l’évolution globale de cette variable motivationnelle, en fonction de la nature des activités de formation, selon qu’elles désignent des cours théoriques ou des stages en milieu de pratique.
Nombre d’études ont documenté la détresse psychologique des enseignants et ses effets néfastes tels que le stress (Skaalvik et Skaalvik, 2009), l’épuisement professionnel (Five et al., 2007) et l’attrition professionnelle (Sharplin et al., 2011). Au Québec, un enseignant sur cinq évalue sa santé mentale de moyenne à médiocre (Houlfort et Sauvé, 2010). On sait aussi que la détresse psychologique d’un enseignant peut avoir des effets négatifs sur ses élèves (Jang et al., 2016).
La santé psychologique et le bien-être à l’école renvoient à une multitude de concepts : détresse psychologique, stress, bien-être, résilience, motivation, sentiment d’efficacité, compétence émotionnelle, etc. Bon nombre d’études se centrent presque exclusivement sur des indicateurs de santé psychologique négatifs, alors qu’il importe de prendre en compte également la présence d’états positifs (Hontoy et Grégoire, 2015). Progressivement, on privilégie des approches qui considèrent davantage les forces individuelles que les déficits (Magyar-Moe, 2015), car le sentiment de bien-être des apprenants semble lié à un meilleur apprentissage (Rascle et Bergugnat, 2016).
En vue d’améliorer la santé psychologique, d’aucuns privilégient le développement d’interventions s’appuyant notamment sur le yoga et la présence attentive. Brouillette (2008) révèle que des ateliers de yoga favorisent le développement de certaines compétences d’élèves du préscolaire. Par ailleurs, Malboeuf-Hurtubise, Leroux et Taylor (2018) soutiennent que les interventions basées sur la présence attentive s’avèrent faciles à implanter et favorisent une bonne santé mentale chez les élèves du primaire. Chez les enseignants, ce type d’interventions favorise une réduction des symptômes de détresse psychologique, une amélioration de la régulation émotionnelle et du sentiment d’efficacité personnelle (Flook et al., 2013; Jennings et al., 2013, 2017), puis a des effets positifs sur la résilience et le bien-être (Hwang et al., 2017).
Ce symposium est l’occasion de se questionner sur la place de la promotion de la santé psychologique et du bien-être à l’école, tant auprès des élèves, des enseignants en exercice, que des futurs enseignants. Il permet d’exposer et de clarifier divers concepts sous-jacents (présence attentive, compétence émotionnelle, sentiment d’efficacité personnelle, yoga, etc.), puis de déterminer des pistes de formation et d’intervention en vue de favoriser le bien-être à l’école.
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