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Justine Laloux : Université Laval
En étudiant les trajectoires de personnes immigrant au Québec, on constate qu’ils ont parfois séjourné dans plusieurs pays avant d’arriver. Ces mobilités antérieures peuvent modifier leur expérience d’installation dans un nouveau pays. Cette présentation se base sur les résultats préliminaires d’une étude qualitative réalisée dans le cadre d’un mémoire en ethnologie. Elle s’intéresse aux récits de vie de huit jeunes adultes âgés de 19 à 35 ans qui ont une histoire de plusieurs migrations au niveau international durant leur enfance et leur adolescence. À un certain moment, leur parcours les a conduits à séjourner au Québec, avec leur famille ou seul. Certains y sont venus avec un projet d’immigration et d’installation au long cours tandis que d’autres y sont venus de manière temporaire, pour la plupart dans le cadre de séjours d’études qui se sont parfois transformés en projet d’immigration dans un second temps. Confrontés tôt à la vie dans plusieurs pays, avec des cultures et des langues différentes, ils se sont enrichis de ces expériences. Cependant, ils peuvent également avoir été fragilisés à la suite des déménagements répétés et des multiples séparations qui y sont associées. Il sera proposé d’explorer comment les expériences antérieures de migrations multiples viennent influencer les facilités et difficultés que les jeunes adultes de l’étude ont pu rencontrer au cours de leur séjour, leurs aspirations et ainsi la manière dont ils abordent leur installation au Québec.
Ce colloque de l’ÉDIQ (Équipe de recherche en partenariat sur la diversité culturelle et l’immigration dans la région de Québec, www.ediq.ulaval.ca) examine les interactions complexes qui s’établissent entre les institutions en tant que systèmes d’organisation ayant des valeurs, des règles et des pratiques, et la population québécoise, qui est marquée par une diversité culturelle, linguistique et religieuse croissante. L’angle privilégié pour appréhender ces interactions est celui des stratégies mises en œuvre, à la fois par les institutions et par les individus, pour favoriser l’accueil et l’insertion des immigrants qui s’établissent dans les régions du Québec. D’une part, les études montrent l’existence de lacunes au sein des institutions et des structures locales responsables de l’accueil et du soutien à l’insertion professionnelle et sociale des nouveaux arrivants, et ce, malgré les politiques gouvernementales mises en œuvre et les ressources investies par certains milieux (Arsenault et Giroux, 2009; Vatz Laaroussi, Bernier et Guilbert, 2013). D’autre part, il appert que les projets individuels et familiaux dont les immigrants sont porteurs servent d’assises à l’élaboration de stratégies (partage de savoirs, d’informations, entraide dans les réseaux informels, retour aux études) visant à favoriser leur processus d’adaptation et d’insertion au sein de leur localité d’accueil (Guilbert, 2010; Vatz Laaroussi, 2009). Il s’avère pertinent de porter un regard transversal et multidisciplinaire sur la trajectoire migratoire des individus afin de mieux comprendre les logiques et les aspirations qui sous-tendent leurs projets ainsi que pour dresser la liste des obstacles et des appuis qu’ils rencontrent tout au long de leur parcours. Enfin, ces visées s’inscrivent dans une problématique plus large, soit celle de l’étude des interactions entre les institutions et les différents groupes qui composent la population, afin de mieux comprendre quels sont les nombreux facteurs qui influencent le rapport à l’autre, que celui-ci soit un Québécois natif ou issu de l’immigration. Ce colloque comporte quatre objectifs : 1) porter un regard multidisciplinaire sur les interactions qui se développent entre les institutions et la population dans les régions du Québec, notamment en matière d’accueil et d’accompagnement des immigrants; 2) favoriser le partage et la mobilisation des connaissances entre les chercheurs universitaires, les professionnels de l’intervention et les acteurs de terrain qui interagissent quotidiennement avec les immigrants et les réfugiés; 3) créer et consolider des liens entre chercheurs et partenaires de première ligne pouvant mener à l’élaboration de nouvelles collaborations et projets de recherche; et 4) formuler des recommandations visant l’élaboration de politiques sociales, de pratiques d’intervention et de services qui sont en adéquation avec les besoins spécifiques et changeants de cette population.
Titre du colloque :