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Christophe Gremion : Haute école fédérale en formation professionnelle
Depuis les travaux de Schön, les formations à l’enseignement ont quitté le tout académique au profit de formations professionnalisantes. Dans ce contexte, nous avons vu les savoirs perdre en importance face aux compétences, au risque parfois que ces dernières éclipsent totalement les premiers. Pourtant, l’articulation compétences - ressources ne met pas ces deux éléments en concurrence, mais bien en complémentarité, une mobilisation des différents savoirs étant toujours nécessaire pour exercer sa compétence dans des situations inattendues. Pour développer la professionnalité des futurs enseignant, l’Institut des hautes études en formation professionnelle propose à ses étudiants d’analyser des situations métiers dans un ePortfolio. Après cinq années d’utilisation, cette recherche a pour but d’analyser la démarche afin de la faire évoluer. Les données, recueillies lors de 18 focus groupes, mettent en évidence certains points de vigilance qui nous développerons lors de la communication : les répondants relèvent un besoin de clarification de la double fonction évaluative du ePortfolio, identifient une prépondérance du temps consacré à la certification au détriment du temps nécessaire à la phase formative et souhaitent voir clarifiés les rôles de chaque intervenant durant ces différentes phases évaluatives. De plus, ils appellent également à ce que le travail d'appropriation des différents savoirs prenne plus de place dans le dispositif de formation.
Au cours de l’élaboration du Programme de formation de l’école québécoise (PFEQ), le ministère de l’Éducation (MEQ) a privilégié le développement de compétences tout comme certains pays européens. Ainsi, la mise en place du PFEQ devrait permettre un apprentissage plus en profondeur passant de la maîtrise des connaissances à la mobilisation de ressources dans le but de développer des compétences disciplinaires ou transversales. L’application d’un programme de formation axé sur le développement de compétences influe sur l’ensemble de la pratique enseignante, y compris les pratiques d’évaluation des apprentissages. D’ailleurs, l’intégration de l’évaluation à l’enseignement, l’évaluation pour l’apprentissage et au service de l’apprentissage, les grilles d’appréciation pour la correction des tâches d’évaluation, l’élaboration de tâches d’évaluation, le vocabulaire (SAE, SEA, etc.) sont autant de concepts et d’outils privilégiés dans une formation par compétences. Or, le Test de certification en français écrit pour l’enseignement (TECFÉE), qui teste les connaissances plutôt que les compétences, reste l’outil privilégié pour accéder à la profession enseignante. Ainsi, il semblerait que des défis soient présents dans les milieux scolaires et en amont dans le milieu universitaire, tout au long de la formation des futurs enseignants. De la planification de l’enseignement à l’évaluation des apprentissages en passant par l’évaluation pour l’accès à la profession, où s’arrête l’évaluation des connaissances et quand s’agit-il d’évaluation des compétences? La juxtaposition des deux peut-elle être un modèle qui assure la validité et la fidélité de l’évaluation? Au cours de ce colloque, les communications présentées, par des chercheurs de différents horizons théoriques ou pratiques, permettront de faire le point sur plusieurs défis encore présents dans les milieux éducatifs bien que le PFEQ soit mis en application depuis plusieurs années déjà.
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